Genilem: ThinkEE, traducteur d’objets connectés

lundi, 29.04.2019

La start-up vaudoise née en 2017 a mis au point un logiciel qui standardise les données récoltées sur les objets connectés. Développée grâce à ses seuls clients, elle vise le marché de la sécurité en priorité.

Camille Andres

Les trois associés Jean-Charles Fosse, Thibaut Buisson et Johann Bigler.

Au départ, comme pour beaucoup de start-up, il y avait un projet de master à l’EPFL. Jean-Charles Fosse et Johann Bigler, étudiants EPFL, réfléchissent en 2014 à la manière de rendre les utilisateurs –entreprises ou particuliers- maîtres de leur consommation d’énergie. Leur hypothèse: le simple fait d’avoir accès à ses données et de pouvoir les mesurer incite à s’améliorer. Ils conçoivent un réseau social, appelé ThinkEE et travaillent sur ce projet jusqu’en 2015. 

En 2016, Johann Bigler développe une intelligence artificielle qui anticipe la consommation d’énergie en fonction du comportement des utilisateurs. C’est là qu’ils découvre un problème-clé: récolter les données issues d’objets connectés s’avère compliqué, et les traiter tout autant. «C’est comme essayer de parler plein de langues différentes», résume Jean-Charles Fosse, cofondateur de l’entreprise. La mission de ThinkEE change: elle vise désormais à centraliser puis traduire les données récoltées à partir d’objets connectés dans une «langue» informatique commune. Puis à les rendre accessibles via une interface web, plateforme développée en marque blanche. 

Le passage du projet d’étudiant à la start-up est officialisée en novembre 2017, avec sa création officielle, suite aux premières commandes. ThinkEE se spécialise dans le B2B, notamment le domaine de la sécurité, du smart building, de la maintenance et de la gestion des bâtiments, des secteurs peu digitalisées, où beaucoup de plus-values sont dès lors possibles. Elle crée même une entité dédiée à la prévention des incendies, Katéo, grâce à l’arrivée d’un troisième associé, Thibaut Buisson. Hormis une bourse de l’EPFL. Dès l’origine, ce sont les commandes des clients qui financent le développement de ThinkEE.

L’IoT (internet of things) ne risque-t-il pas de déboucher sur une standardisation des langages qui rendrait votre outil caduque?

Jean-Charles Fosse: Non, il ne peut pas y avoir de protocole unique car chacun d’eux permet de répondre à des contraintes différentes: consommer peu, envoyer peu de données, en envoyer beaucoup… Cette diversité est nécessaire et complémentaire, au même titre que les langues! Chaque technologie dispose de sa propre culture et donc son langage propre.

Quelle a été votre principale difficulté lors de la création de ThinkEE?

Passer du rôle d’ingénieur à celui d’entrepreneur. Cela implique d’assumer ses responsabilités, faire avancer le projet en pensant à tous ses aspects, apprendre tout la logique commerciale, savoir faire des erreurs pour apprendre vite… Genilem nous guide énormément. L’intérêt de leur coaching c’est que nous savons que nous avons été choisis pour une durée de trois ans: la relation que nous avons est donc totalement différente que si il s’agissait d’une séance de neuf heures. Ils nous comprennent et nous accompagnent dans le cycle de développement, avec ses hauts et ses bas.

Pour vos clients, où réside la valeur ajoutée?

Nous leur permettons d’innover rapidement: notre plateforme, disponible en marque blanche, permet de mettre en forme les données récoltées selon la demande du client. Avant, il les récupérait de manière brute, et cryptée. Par exemple, des relevés de température pouvaient arriver encodées de dix manières différentes. ThinkEE, lui, les restitue de la même manière. Cela réduit la marge d’erreur du client, lui permet de se concentrer sur son métier de base. Et, s'il le désire, de changer de business-model: il peut vendre un abonnement à une plate-forme de lecture des données à ses propres clients.

Beaucoup de technologies similaires à la vôtre se développent, comment vous différenciez-vous des autres?

Effectivement, le software se développe très vite. Notre force c’est d’avoir fait le choix de développer toute notre plate-forme sur un cloud qui utilise des technologies web ce qui nous permet d’être agiles et à la pointe de la technologie. Nos interfaces ont un rendu moderne et une grande simplicité d’utilisation. Souvent, il y a une grande différence entre les outils informatiques pros et privés: ceux qu’on utilise au travail sont datés, compliqués à utiliser. Par les nôtres! Ils s’utilisent depuis un smartphone ou une tablette et sont agréables, ce qui est très apprécié par nos clients. 

Vos objectifs pour 2019?

Nous misons sur une cinquantaine de clients et une dizaine d’employés. Nous devons passer du statut de start-up à celui de scale-up. Nous misons sur une croissance organique dans un premier temps, pour nous permettre de développer encore notre produit, beaucoup de détails restent à valider. Ensuite, l’objectif sera de passer d’un modèle d’entreprise «artisanal» à quelque chose de beaucoup plus standardisé et structuré. Monter une start-up est une chose, gérer une entreprise en est une autre.





 
 
 

Apple mise toujours sur l'iPhone

Dimanche, 8 septembre 2019

Cette année, experts et observateurs parient sur trois nouveaux modèles d'iPhone qui sera encore la vedette de la présentation Apple de mardi.

L'iPhone sera la star de la présentation Apple de mardi mais le géant californien des technologies en profitera aussi sans doute pour faire valoir son offre de services et de contenus, en pleine...

Un conseiller clients important quitte Pictet

Vendredi, 6 septembre 2019

La banque privée genevoise va devoir gérer le départ de l'un des principaux responsables pour la gestion de fortune en Europe.

Chez Pictet, l'un des principaux responsables pour la gestion de fortune en Europe serait sur le départ. Patrick Prinz aurait démissionné après plus de 17 ans passés au sein du groupe bancaire genevois, rapporte vendredi le...

Géraldine Juge: «Une entreprise c’est comme un enfant auquel on pense toute la journée»

Jeudi, 5 septembre 2019 // Marine Humbert

A la tête de Separate Ways, Géraldine Juge est la neuvième invitée de notre chronique. Les entrepreneurs s'y racontent sans filet: recette du succès, routines du dimanche, ambitions et inquiétudes. Plongée dans les coulisses de l'entrepreneuriat.

A la tête de Separate Ways depuis 2016, Géraldine Juge propose un service d’accompagnement dans...

Abionic dispose désormais d’une référence précieuse avec Genentech

Jeudi, 5 septembre 2019 // Christian Affolter

Le test rapide qualité laboratoire permettant de diagnostiquer l’asthme allergique sera développé en collaboration avec la biotech américaine membre de Roche.

La plateforme d’Abionic pour des solutions de diagnostic rapides d’une précision proche de celle obtenue en laboratoire après plusieurs heures a un nouveau partenaire de référence. Pour...

UBS bifferait plusieurs centaines de postes dans la banque d'affaires

Jeudi, 5 septembre 2019

La première banque de Suisse UBS va se restructurer. Plusieurs centaines de postes pourraient être supprimés.

Une restructuration serait dans l'air pour les activités de banque d'affaires d'UBS. Le numéro un bancaire helvétique plancherait sur un programme qui pourrait déboucher sur la suppression de plusieurs centaines d'emplois, a rapporté mercredi...

Brexit: Johnson abandonne l'obstruction au texte anti-"no deal"

Jeudi, 5 septembre 2019

Boris Johnson, le Premier ministre britannique, ne fera pas obstruction au texte législatif demandant un nouveau report du Brexit.

Après avoir perdu sa majorité à la Chambre des Communes et échoué à convoquer des élections anticipées mercredi, le Premier ministre britannique Boris Johnson a accepté jeudi matin de ne pas faire d'obstruction au texte...

Les start-up vaudoises élues meilleures de Suisse

Mercredi, 4 septembre 2019 // Matteo Ianni

Flyability et Lunaphore terminent respectivement à la première et deuxième place du classement des 100 meilleures start-up nationales. Le dernier succès romand au Swiss Start-up Award remontait à 2016. Parmi les dix premiers, Vaud est représenté quatre fois.

Chaque année depuis neuf ans, le classement des 100 start-up les plus prometteuses de Suisse...

AGEFI

Rafraîchir cache: Ctrl+F5 ou Wiki



...