Volatilité implicite des options

jeudi, 07.02.2019

Elles peuvent être utilisées à des fins de spéculation, de couverture ou d’optimisation et se destinent à tout investisseur.

Matthias Neubrand*

Il est important de connaître les paramètres de ces instruments afin d’affiner leur sélection. Lors de mon précédent article publié le 10 août 2018, j’évoquai le Delta ainsi que l’évolution de la valeur temporelle.

La volatilité implicite est une autre donnée clé. Celle-ci est déterminée par le prix actuel de l’option et est une projection d’un mouvement futur du sous-jacent jusqu’à expiration de l’option, ceci étant annualisée. Un volume d’achat important fait généralement monter le prix d’une option. Des acheteurs peuvent par exemple anticiper des résultats positifs ou négatifs, les calls et puts s’appréciant respectivement. En conséquence, la volatilité implicite augmente et les options arrivant à échéance plus tôt sont plus sensibles que celles avec une durée plus longue.

Prenons par exemple Adecco: la société annonce ses résultats du quatrième trimestre 2018 le 28 février 2019. Le Call Adecco à Strike 50, maturité mars 2019 a une volatilité implicite de 25% le 6 février 2019. L’action traitant aux alentours de 50 francs, les intervenants s’attendent ainsi à une fluctuation annuelle de 12,50 francs (prix de l’action multiplié par la volatilité implicite). Il est important de noter que ce chiffre ne donne aucune indication sur la direction attendue. 

Plus précisément, le marché s’attend à 1 écart-type, soit 68,2% de probabilité que le sous-jacent fluctue de 37,50 à 62,50 sur les douze prochains mois. Ces 68,2% sont issus de la statistique: la courbe de Gauss (aussi appelée courbe en cloche) ci-dessus est une représentation graphique de la distribution normale.

A deux écarts-types, la probabilité passe à 95,4%. Le mouvement attendu du sous-jacent est de 25 à 75 francs (2x25% x le prix du sous-jacent).

Enfin, à trois écarts-types, la probabilité atteint à 99,7%. Le marché s’attend à ce que le sous-jacent clôture entre 12,50 à 87,50 francs d’ici un an.

Volatilité historique

Dans notre exemple, l’option expire dans deux mois et nous souhaitons connaître le mouvement mensuel et journalier attendu. Le mouvement mensuel attendu est 25% divisé par la racine carrée de 12, soit 7%. Pour déterminer les mouvements journaliers, on considère la racine carrée de 252, ce qui équivaut à 1,6% ou 0,80 francs à la hausse ou à la baisse.

Contrairement à la volatilité implicite, la volatilité historique est facilement calculable. Cette première est théorique et surévalue généralement les mouvements futurs, surtout dans des marchés plus chaotiques. 

Idéalement, un investisseur qui souhaite spéculer ou couvrir son portefeuille achète des options dans les phases de volatilité implicite basse et les revend lorsque celle-ci augmente. Dans un contexte d’optimisation de portefeuille, il est plus intéressant de vendre des options dans des temps incertains pour encaisser une prime plus élevée.

*Portfolio Manager, LM Capital SA





 
 
 

AGEFI

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