Entre guerre des taux et guerre des devises

lundi, 12.08.2019

Dette émergente. Ce segment obligataire bénéficie du nouveau cycle de stimulation monétaire qu’impose le conflit commercial global.

Levi-Sergio Mutemba

La dette obligataire émergente a étonnement bien surmonté la volatilité des marchés financiers et les risques qu’elle pose pour la liquidité. Sur la base du fonds iShares JP Morgan USD Emerging Markets Bond ETF (EMB), la dette émergente souveraine en dollars enregistre une performance de 0,4% entre le 30 juillet (veille de la réunion de la Fed) et le vendredi 9 août. À comparer avec la perte de plus de 2% du S&P 500 sur cette période.

Depuis le 9 août 2018, l’EMB enregistre une performance de plus de 8%. Même sa version en monnaie locale (ticker LEMB), s’apprécie de 6,95% au vendredi 9 août contre 3,37% pour le S&P 500 sur l’année écoulée. Comme l’illustre le graphique ci-contre, même la dette souveraine émergente en monnaie locale a traversé pratiquement indemne la dépression boursière de la seconde moitié de l’exercice 2018.

La guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine se propage graduellement sur l’ensemble de la planète. La baisse des prix des matières premières énergétiques affectent plus particulièrement les pays producteurs. Ceux-ci sont tentés d’utiliser le canal des changes pour stimuler la croissance, compte tenu des limites du canal monétaire face à des niveaux relativement déjà très faibles des taux d’intérêt.

Mais, comme le souligne David Rees, Stratégiste marchés émergents chez J. Safra Sarasin, à Zurich, l’administration Trump, qui veut voir le dollar s’affaiblir, «se montrera vigilante» quant à aux politiques des changes menées dans les marchés émergents. «Comme nous le mentionnions au mois de mai, une des réponses politiques consisterait à remplacer la politique de change par la politique monétaire», explique David Rees, dans le Cross-Asset Weekly de J. Safra Sarasin publié vendredi.

Trois banques centrales des pays émergents (Inde, Philippines et, par surprise, Thaïlande), ainsi que la banque centrale de Nouvelle-Zélande, ont baissé leurs taux d’intérêt rien que la semaine dernière. «D’autres suivront», anticipe David Rees, pour qui le «cycle de coupes des taux est déjà bien avancé» et «pourrait même s’accélérer» au cas où les Etats-Unis menaceraient de sanctions les pays procédant à des interventions sur le marché des changes.

Un cycle de baisses des taux offre un soutien significatif aux emprunts émergents, en particulier les émetteurs souverains, compte tenu des ajustements structurels auxquels certains pays procèdent depuis plusieurs années. «Après des sorties nettes de capitaux en 2018, nous observons un retour des investisseurs sur la dette émergente depuis le début de l’année», relève Jean-Jacques Durand, Head of Emerging Debt Total Return chez Edmond de Rothschild Asset Management (EDRAM), à Genève.

Se positionner là où le point d’inflexion est proche

La stratégie du gérant consiste à se positionner sur des économies proches de leur point d’inflexion ou dont le profil de risque est clairement asymétrique. Basée sur des convictions fortes, le fonds Edmond de Rothschild Fund Emerging Bonds est concentré, ce qui lui permet d’afficher des performances moins corrélées aux grands indices des marchés émergents, au prix toutefois d’une volatilité plus élevée.

Par exemple, Jean-Jacques Durand et son équipe étaient investis en Egypte juste après le coup d’État, ainsi qu’en Argentine en 2015, lors des élections. Deux points d’inflexion «qui se sont accompagnés d’une revalorisation positive des actifs dans les années qui suivirent».

Edmond de Rothschild Fund Emerging Bonds est aussi «très actif dans la dette souveraine et la dette d’entreprise turques», où «la tendance autocratique du président Erdogan et sa confrontation avec l’Occident» n’enlèvent en rien à «la forte volonté du peuple turc de rembourser ses dettes, comme il l’a montré lors de la crise de 2001», poursuit Jean-Jacques Durand.

«Il est important de prendre en compte cette dimension, afin de donner un contrepoids aux vues négatives des agences de notation sur la Turquie.» En revanche, l’expert obligataire est «sceptique en ce qui concerne la Chine», dont «la concentration des pouvoirs au sein d’un seul homme ne constitue pas une solution à long terme» et dont le pays affiche un déficit courant au moment où les Etats-Unis l’oblige à se réformer.





 
 
 

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