2019: ça ne peut pas être pire!

mardi, 05.02.2019

Conjoncture. L’exercice 2018 a été très éprouvant pour les investisseurs, tant les incertitudes ont affaibli les marchés.

Laurent Denize*

L’année 2018 est une année à oublier pour les investisseurs. La guerre commerciale entre l’administration Trump et la Chine a déstabilisé le modèle de croissance fondé sur le libre-échange et la mondialisation. 

La baisse constante des indicateurs avancés de l’économie (PMI) et une politique monétaire plus restrictive ont fait craindre une récession. Ce sentiment s’est traduit par des pertes sur tous les principaux marchés boursiers et par un écartement des spreads sur les obligations d’entreprises, en particulier au dernier trimestre. Alors, le pire est-il derrière nous? Plusieurs raisons laissent à penser que oui.

Pas de signes clairs de récession

Bien que la croissance ait ralenti, nous ne percevons pas de signes clairs de récession: les PMI ont certes chuté, mais restent au-dessus des 50, ce qui indique une économie toujours en zone d’expansion; les chiffres du chômage s’améliorent aux États-Unis et dans la zone Euro; les niveaux actuels des prix des matières premières restent stables (hors pétrole) et n’indiquent pas un environnement récessif.

En Chine, malgré des inquiétudes sur la décélération de la croissance, le gouvernement dispose encore de marges de manœuvre pour relancer son économie, notamment en matière de politique fiscale.

Les marchés anticipent une seule hausse de taux 

Finalement, les Banques Centrales ne devraient pas casser la croissance: après quatre hausses de taux, la Fed semble faire une pause. D’ailleurs, les marchés anticipent une seule hausse de taux en 2019. La Banque centrale européenne, à la traîne, vient seulement de terminer son programme de QE. Sa politique monétaire devrait rester accommodante en 2019.

Les risques de 2018 ne se sont pas volatilisés

Les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine sont toujours d’actualité. Les incertitudes concernant le Brexit pourraient déclencher des turbulences. Dans ce contexte, les stratégies qui nous semblent les plus pertinentes sont:

  • Les stratégies actions euro: alors que l’économie américaine ralentit, la croissance de la zone euro devrait être stable et autour de son potentiel. Ainsi, après la forte correction du dernier trimestre de 2018, de nombreux secteurs et titres, tels que les équipementiers automobiles, offrent des valorisations attractives.
  • Les stratégies actions des marchés émergents: les marchés émergents ont souffert de la hausse des taux d’intérêt et de la hausse du dollar en 2018. La chute potentielle du dollar laisse place à un possible rattrapage significatif en 2019.
  • Les stratégies obligations convertibles européennes: les investisseurs plus prudents peuvent utiliser cette classe d’actifs pour participer en partie à la hausse du marché actions tout en bénéficiant du plancher obligataire en cas de baisse.
  • Les stratégies obligations à haut rendement de duration courte: après l’écartement massif des spreads, les valorisations sont à nouveau attrayantes mais il faut rester sélectif.
  • La stratégie private equity secondaire: le private equity permet de s’extraire de la volatilité des marchés actions et offre selon nous un potentiel de rendement attractif sur le marché secondaire.

*Co-CIO, ODDO BHF AM





 
 
 

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