La fin du quantitative tightening?

mercredi, 12.06.2019

Avec les tarifs douaniers, les grandes banques centrales mettront peut-être fin à leur politique monétaire restrictive.

Arif Husain*

Alors que la croissance mondiale est déjà surveillée de près, la question des tarifs douaniers est de retour. Si cette menace persiste, elle pourrait inciter les banques centrales à devenir encore plus prudentes cette année.

Depuis le début de l’année, un certain nombre de banques centrales, dont la Fed, ont appuyé sur le bouton pause des hausses de taux d’intérêt. D’autres, comme la Malaisie et la Nouvelle-Zélande, sont allées jusqu’à dévoiler de nouvelles mesures de relance, notamment une baisse des taux directeurs. «Des signes de fin de quantitative tightening (soit fin de politique monétaire restrictive) se sont manifestés avant même que les négociations commerciales ne s’amoindrissent», a déclaré Arif Husain, gestionnaire et responsable du Fixed Income International. «Mais les discussions tarifaires créent de l’incertitude et vont s’ajouter à l’élan «dovish» des grandes banques centrales.»

Dans un contexte de croissance fragile, les tarifs douaniers peuvent encore freiner la dynamique, étant donné qu’ils ont tendance à agir comme un mécanisme de resserrement financier. Pour contrer ces effets négatifs potentiels, la plupart des banques centrales des marchés développés devraient faire preuve de prudence. «Les tensions tarifaires actuelles renforcent le point de vue selon lequel les banques centrales des pays développés devraient peut-être devenir plus accommodantes», a déclaré M. Husain.

La fin du quantitative tightening provoquerait un changement de paradigme important sur les marchés financiers. Pour les titres à revenu fixe, cela pourrait accroître significativement le potentiel des obligations d’État de premier ordre d’offrir des rendements positifs et de servir à nouveau de valeur refuge. «La pause de la Fed a rétabli de nouveaux planchers pour les taux d’intérêt du Trésor, de sorte que la possibilité d’une remontée des taux est plus grande en période de tensions sur les marchés», a déclaré M. Husain.

Au niveau de la construction du portefeuille, cela signifie que la durée de détention peut à nouveau être un bon moyen pour les investisseurs de diversifier leur allocation d’actifs. «Nous sommes de retour dans un environnement où la duration peut aider les investisseurs à diversifier leurs placements en s’éloignant du risque lié aux actions», a déclaré M. Husain. «C’est important pour la construction du portefeuille, car cela signifie que nous n’avons pas besoin d’être sur la défensive sur les marchés obligataires pour obtenir une diversification par rapport aux actions dans le cadre de nos stratégies à revenu fixe.

Une option attrayante dans l’environnement actuel pourrait être d’ajouter le risque de durée dans les pays qui étaient candidats à des hausses de taux au début de l’année. La Suède et la Corée du Sud se distinguent à cet égard puisque les banques centrales des deux pays ont rapidement changé de cap. Il sera intéressant de suivre les banques centrales dont la politique monétaire était en suspens, mais qui devrait maintenant être réduite. L’Australie en est un bon exemple, bien que l’on puisse se demander si une baisse des taux d’intérêt serait favorable à l’économie locale, en l’absence d’une reprise économique de son principal partenaire commercial, la Chine.

*Responsable International Fixed Income, T. Rowe Price





 
 
 

AGEFI

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