Les taux commencent à bouger: quelle pourrait être la bonne stratégie obligataire?

dimanche, 27.01.2019

Aussi convaincante qu’elle puisse paraître en théorie, une stratégie ne peut être couronnée de succès que si elle peut être mise en pratique.

Charlotte Bänninver/Philippe Barras*

Les attentes des investisseurs à l’égard de la part à taux fixe de leurs portefeuilles sont claires: aussi peu de fluctuations de valeur que possible et des rendements constants afin de contribuer à stabiliser les avoirs. 

Comme actuellement de nombreux rendements obligataires demeurent à des niveaux faibles ou partiellement négatifs, il est difficile d’atteindre ces objectifs. En outre, les banques centrales ont commencé à normaliser leur politique monétaire. Par conséquent, les taux d’intérêt sont de nouveau progressivement à la hausse. La plus avancée dans ce cycle est la Réserve fédérale américaine qui, ces dernières années, a déjà relevé ses taux directeurs à plusieurs reprises. 

La hausse des taux pèse sur les obligations 

Comment gérer ce mouvement? En effet, la hausse des taux d’intérêt exerce des pressions sur le prix des obligations. Ceux qui, à la recherche de meilleurs rendements, ont investi davantage dans des High Yield Bonds (obligations à haut rendement assorties de notations de crédit inférieures) ou dans des obligations des marchés émergents peuvent se trouver de plus en plus exposés à un nombre croissant de risques spécifiques, qu’ils ne sont plus prêts à supporter. 

Par exemple, pour les obligations à haut rendement: comme le cycle de croissance est bien avancé, les primes de risque de crédit et, éventuellement, les risques de défaut à moyen terme ont tendance à augmenter. Pour les obligations des marchés émergents, du fait que bon nombre de ces titres sont libellés en dollar américain, la hausse des taux d’intérêt aux Etats-Unis et l’appréciation du dollar im- poseront un fardeau plus lourd à ces Etats, en plus des risques propres aux pays et régions concernés. 

Pour sortir de ce dilemme: jouer la flexibilité

Les multiples défis auxquels sont confrontés les investisseurs obligataires exigent avant toute chose de la flexibilité. Les investissements basés sur un indice sont très répandus et opèrent pour la plupart dans un segment clairement prédéfini. Cependant, un tel positionnement «étroit» peut être problématique dans l’environnement actuel, car de grandes parties de l’univers de placement ne sont pas prises en compte. 

Les investissements qui répliquent un indice ont sans aucun doute leur justification. Toutefois, dans certaines situations, ils limitent par trop le champ des investisseurs. Car, pourquoi restreindre ses possibilités quand un univers d’investissement beaucoup plus large est à disposition? Les stratégies appelées «unconstrained» (sans contrainte) ou dynamiques ont en effet le mérite d’utiliser toute la gamme des catégories obligataires. 

De telles stratégies vont des obligations d’Etat de pays débiteurs de premier ordre aux d’obligations d’entreprises, en passant par les obligations à haut rendement, les obligations convertibles ou encore les obligations des marchés émergents, de titres protégés contre l’inflation ou de devises étrangères. Toutes options qui permettent d’améliorer le profil risque/rendement. 

Des stratégies obligataires pour chaque cycle de marché

Le choix d’une stratégie obligataire dynamique – dont la répartition n’est pas fixe – a le grand avantage de pouvoir investir de manière souple et variable dans les segments obligataires appropriés pendant les différentes phases du marché (voir le graphique) et ainsi de tirer le meilleur des mouvements du marché. En outre, des décisions actives d’exposition aux taux d’intérêt peuvent aussi être mises en œuvre. 

Par exemple, une stratégie obligataire dynamique pourrait vouloir profiter de la situation actuelle en Nouvelle-Zélande et surpondérer ces actifs. En effet, malgré la récente reprise de la croissance dans ce pays, l’inflation y reste très faible, ce qui obligera sa banque centrale à maintenir une politique monétaire souple. Dans le même temps, cette stratégie consisterait à sous-pondérer les obligations du RoyaumeUni, en partant de l’hypothèse de nouvelles hausses des taux d’intérêt par la Banque d’Angleterre et du fait des valorisations élevées des entreprises britanniques. 

En outre, les stratégies obligataires dynamiques peuvent aussi permettre de procéder à des allocations tactiques sur devise et/ou de favoriser différents segments de crédit. Dans un environnement de marché en évolution rapide, il est certainement plus que judicieux de mettre en réseau des compétences sur l’ensemble de la planète et de les combiner en un seul produit, c’est-à-dire dans un fonds. 

Le fonds de placement: un instrument approprié 

Aussi convaincante qu’elle puisse paraître en théorie, une stratégie ne peut être couronnée de succès que s’il est possible de la mettre en pratique. Comme dans beaucoup d’autres domaines, la solution offerte par les fonds de placement présente des avantages évidents lorsqu’il s’agit de stratégies obligataires sans contrainte ou dynamiques. 

En effet, via un fonds, toutes les décisions de placement sont prises par des spécialistes en placements qui surveillent continuellement leur portefeuille. En outre, la diversification sur un grand nombre de titres garantit que le risque de perte de cours ou de défaut total est considérablement amoindri. Enfin, un fonds permet aux investisseurs d’avoir accès à des stratégies attrayantes, même pour des sommes plus modestes.

*Responsable Fixed Income, UBS Asset Management/responsable Gestion institutionnelle pour la Suisse romande, UBS Asset Management.





 
 
 

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