Quand la Chine s’indicera...

jeudi, 22.08.2019

Au moment où les gardiens américains des indices MSCI et FTSE font un petit pas en avant vers la Chine continentale, les investisseurs actifs se doivent de réexaminer leurs convictions sur les marchés boursiers de l’Empire du Milieu.

Sudhir Roc-Sennett*

D’usine du monde, la Chine est passée au stade de véritable «challenger» qui n’est pas prêt à se soumettre aux injonctions américaines en matière d’échanges commerciaux ou de géopolitique. Et les accords qui pourraient être ratifiés cette année ne changeront rien à cette situation.

Aux tensions actuelles s’ajoute le fait que les gardiens des indices, MSCI et FTSE, paraissent hésiter à se départager pour savoir qui ira le plus loin dans l’inclusion des actions cotées en Chine, les actions A, dans ses indices. En quoi cette modification du poids de la Chine «ancienne» dans ces derniers pourrait-elle affecter les investisseurs?

Tout dépend de l’amplitude du changement et de la probabilité qu’il se produise. Pour évaluer son importance, il convient de revenir aux fondamentaux. Le marché des actions de Chine continentale représente quelque 7600 milliards de dollars, ce qui est bien supérieur au volume représenté par la pondération de 3,8% qui lui est allouée dans l’indice mondial des actions (MSCI All Country World Index ou ACWI). La part des revenus générés par les entreprises chinoises et celles de Hong Kong dans le MSCI ACWI est passée de 1% en 2000 à presque 20% en 2018.

Le poids de la Chine limité automatiquement

Cependant, le poids de la Chine dans les indices est limité automatiquement. Selon nos propres estimations si l’on supprime les restrictions existantes et que l’on calcule le poids de la Chine sur la base de sa capitalisation en dollars, il approche des 12%. C’est ainsi que la Chine deviendrait la deuxième plus grosse pondération de l’indice, son poids étant pratiquement le triple de celui du Royaume-Uni. Toutefois, la probabilité d’une augmentation rapide de la pondération de la Chine dans les indices nous paraît faible à l’heure actuelle.

Taux de décote de 98,5%

L’indice Chine de MSCI inclut déjà des actions A, mais elles ne pèsent que 3% de cet indice, le solde allant aux actions cotées à Hong Kong ou aux États-Unis. Cette sous-pondération s’explique par le taux de décote quelque peu arbitraire de 98,5% appliqué dans l’indice au poids des entreprises de Chine continentale. MSCI prévoit de ramener ce taux à 94% en novembre 2019, un changement qui est peu significatif en lui-même. En revanche, l’étape suivante pourrait l’être.

Dans la mesure où les fournisseurs d’indices, en l’occurrence MSCI se sentent suffisamment à l’aise pour intégrer le risque Chine, il n’est pas déraisonnable de penser qu’ils pourraient aller jusqu’à une inclusion totale des actions de ce marché. MSCI n’a publié aucune indication dans ce sens, mais s’il passait à l’acte, la pondération de la Chine dans l’indice des actions émergentes (MSCI EM) passerait à environ 42%. Et si tout le flottant était retenu, elle approcherait même des 48%!

Les actions A sont cotées sur les Bourses de Shanghai et Shenzhen à l’heure actuelle et celles qui sont incluses dans l’indice MSCI ont en moyenne une capitalisation inférieure et affiche des perspectives de croissance plus faible que la moyenne des actions composant les indices MSCI Chine et MSCI marchés émergents. Elles sont également plus volatiles.

Ces titres sont généralement considérés comme des reflets de la vieille économie chinoise qui était basée sur le secteur manufacturier. En effet, 58% des actions A se répartissent dans trois secteurs, à savoir l’industrie (26%), les matériaux (17%) et les technologies de l’information (15%). L’indice MSCI Chine en revanche est très orienté «nouvelle économie», avec une exposition de 71% aux biens de consommation et aux services. Ses trois principaux secteurs sont les services de communication (26%, dont Tencent), la consommation (23%, dont Alibaba) et la finance (22%).

Un effort de recherche pour évaluer les risques

En tant qu’investisseurs nous restons toujours prudents vis-à-vis du marché chinois, car certains de ses fondamentaux sont structurellement différents de ceux d’autres marchés et le parti communiste chinois, dont le rôle n’est pas toujours clair, peut fortement influencer le fonctionnement des entreprises, qu’elles soient ou non détenues par l’État.

Certaines actions A restent néanmoins intéressantes pour un investisseur qui recherche une croissance de qualité, à la condition qu’il consente des efforts de recherche importants pour évaluer les risques environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) ainsi que les risques d’ordre réglementaire.

La pression du «troupeau»

La modification de l’indice de référence n’aura probablement pas d’incidence sur le mode de fonctionnement des investisseurs qui analysent les entreprises une par une. Toutefois, une forte augmentation de la pondération des actions A dans l’indice accroîtra probablement l’écart de suivi des investisseurs qui, comme nous, limitent leur exposition à des entreprises de qualité, stables et durables.

Il est donc grand temps de réexaminer avec soin ses convictions, car la pression du «troupeau» peut parfois fortement accentuer l’erreur de suivi.

*Responsable ESG, Vontobel AM





 
 
 

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