Wirecard plonge après de nouveaux soupçons de fraude

mardi, 15.10.2019

Visé par des allégations de fraude, la fintech allemande Wirecard était malmenée ce mardi matin à la Bourse de Francfort.

Wirecard aurait artificiellement augmenté le chiffre d'affaires et le bénéfice de ses opérations à Dubaï et en Irlande. (Keystone)

Le titre de la fintech allemande Wirecard plongeait mardi à la Bourse de Francfort après la publication d'un article du Financial Times faisant état de "pratiques suspectes de comptabilité".

Vers 10h30, l'action du groupe reculait de 18,25% à 114,40 euros, remontant légèrement après avoir décroché de 21%, dans un indice vedette Dax en hausse de 0,38%.

Les avocats de Wirecard ont déclaré au FT que la société "ne pense pas que le document soit authentique" alors que c'est sur ce dernier que repose en grande partie l'article du quotidien.

Le cours de l'action de la fintech allemande avait déjà plongé de 40% entre fin janvier et la mi-février après une série d'articles du FT alléguant d'une fraude au sein de la plateforme asiatique de Wirecard à Singapour, afin de gonfler les recettes du prestataire de paiements électroniques. Une enquête de la police singapourienne avait été ouverte dans la foulée.

Sa capitalisation boursière avait fondu de près de 9 milliards d'euros en huit séances.

Wirecard a de son côté toujours vigoureusement démenti les articles du quotidien britannique et indiqué qu'il allait l'attaquer en justice.

Les nouvelles accusations mardi "remettent en question" les "pratiques de comptabilité" et "le modèle économique" de l'entreprise allemande, selon le FT.

L'enquête du FT s'est concentrée sur une société de traitement des paiements basée à Dubaï, dénommée Al-Alam.

Selon des documents de Wirecard, Al-Alam aurait représenté la moitié des bénéfices de la firme bavaroise en 2016, en servant d'intermédiaire pour des transactions mensuelles en centaines de millions d'euros pour le compte de 34 grands clients, rapporte le journal.

Or, nombre de ces transactions "n'ont pas pu avoir lieu" selon le FT, qui indique que plusieurs clients contactés par ses soins affirment n'avoir "jamais entendu parler" de l'entreprise partenaire en question.

En réaction de l'article de mardi, Al-Alam a déclaré de son côté qu'il "n'était impliqué dans aucun processus présumé de falsification de revenus ou de bénéfices".

Wirecard faisait jusqu'ici figure de précurseur à succès des "fintechs", des start-ups financières en pointe sur la technologie, en se lançant dès 1999 dans les services de paiement électronique, un créneau alors ignoré par les grandes banques allemandes.

L'entreprise a pris de l'envergure avec l'avènement du commerce en ligne, en garantissant les règlements de transactions au bénéfice de ses clients professionnels (compagnies aériennes, pharmacies en ligne, etc.), encaissant au passage une modique prime de risque. (awp)





 
 
 
 

AGEFI

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