Les personnes âgées consomment-elles trop de médicaments?

jeudi, 18.04.2019

Véritable enjeu de santé publique, la médication des personnes âgées pose toujours plus de questions. La HEdS se penche sur le sujet et sur les nombreux problèmes qui y sont liés avec Me@HOME

SM

De gauche à droite: Dr. Maria del Rio Carral (Unil), Prof. Armin von Gunten (CHUV), Filipa Pereira (HEdS), Prof. Boris Wernli (FORS), Prof. Henk Verloo (HEdS) et Dr. Zhivko Taushanov (Unil).

La population du pays vieillit et elle consomme davantage de médicaments. Cette polymédication en hausse peut entraîner des effets indésirables et des situations dangereuses pour les personnes âgées, notamment chez celles qui sont atteintes de maladies chroniques et qui vivent à domicile. En réaction, la Haute Ecole de Santé (HEdS) de la HES-SO Valais-Wallis lance un projet de recherche sur la gestion des médicaments par ce type de seniors.

C’est la première fois que l’établissement basé à Sion prend la tête d’une initiative qui s’inscrit dans l’axe «Système de santé» du Programme National de Recherche (PNR) 74. Il sera mené par le professeur Henk Verloo et la doctorante Filipa Pereira de la HEdS, en partenariat avec l’Université de Lausanne, le CHUV et FORS, le centre de compétences suisse en sciences sociales.

Plus de 25% des personnes admises aux urgences

Cette nouvelle étude interdisciplinaire sur la problématique de la gestion médicamenteuse à domicile se nomme Me@HOME. Ce projet a pris vie suite aux résultats d’une étude de deux ans sur les pratiques de médication des personnes âgées. Selon celle-ci, 22% de la population de 65-79 ans et 44% des personnes âgées de plus de 85 ans vivent à domicile avec des multimorbidités, soit la présence simultanée de plusieurs maladies chroniques.

Respectivement 18% et 38% d’entre eux prennent au moins cinq médicaments par jour, entrainant parfois des problèmes psychosociaux, ainsi que des disfonctionnements cognitifs et physiques. Il s’agit d’un véritable enjeu de santé publique: plus d’un quart des personnes admises aux urgences entrent dans ces critères.

Une étude en deux volets

Le démarrage du projet a eu lieu la semaine dernière. «Même si de bonnes consignes existent, leur mise en œuvre montre plusieurs difficultés. Nous voulons comprendre pourquoi et comment remédier à ce problème», affirment les chercheurs. L’objectif: proposer des pistes de solutions concrètes pour réduire les problèmes liés à la polymédication des personnes âgées.

Pour analyser cette problématique complexe, une approche mixte a été privilégiée par l’équipe interdisciplinaire en charge du projet. Grâce à la collaboration de l’Hôpital du Valais, une première étape quantitative consistera à analyser des données-patients codées et sécurisées afin de retrouver différents profils de personnes et découvrir les caractéristiques en lien avec les aggravations de leur état de santé. La deuxième étape qualitative récoltera, en collaboration avec le Centre Médico-Social, les témoignages de 30 personnes répondant aux critères de l’étude, ainsi que ceux de leurs proches aidants et des professionnels de la santé les entourant. L’objectif ici est d’identifier leurs rôles et interactions dans la gestion des médicaments.

Un Valais représentatif

D’une durée de trois ans, le projet a pour ambition de coller à la réalité de la population valaisanne. Par sa diversité, celle-ci pourrait même être représentative de la population suisse et ainsi offrir une dimension helvétique au projet. 





 
 
 
 

AGEFI

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