Kandou Bus lève 36 millions de plus pour conquérir le marché des connexions USB

vendredi, 20.11.2020

Spécialiste de la connectivité à très faibles consommation d’énergie, l’entreprise d’Ecublens Kandou Bus a complété son tour de table de série C. Elle se prépare au lancement de son premier produit nommé Matterhorn.

Sophie Marenne

Le premier produit de Kandou Bus, nommé Matterhorn, est un composant utile à tout appareil doté d'un port USB-C: smartphone, ordinateur, station de recharge ou encore disque dur externe.(Pixabay)

Les composants informatiques de Kandou Bus sont presque prêts. La puce Matterhorn doit encore subir quelques tests, puis elle débarquera sur le marché au printemps 2021. Sa commercialisation sera lancée grâce à une levée de fonds de série C de 92,3 millions de dollars (84,2 millions de francs), clôturée cette semaine.

«En réalité, c’est la deuxième partie de ce tour de table. En juillet 2019 déjà, nous avions récolté 56 millions de dollars mais nous l’avons rouvert car certains investisseurs voulaient participer davantage et deux autres nous ont rejoints. Il s’agit de Climb Ventures et Flexstone Partners», précise le Dr. Amin Shokrollahi, fondateur et CEO de Kandou. Le tour de table a été mené par Bessemer Venture Partners. Associée au sein de cette firme de capital risque de San Francisco, Felda Hardymon décrit, dans un communiqué, n’avoir « jamais vu de technologie de semi-conducteur aussi essentielle» au cours de ses 41 années de métier, en tout cas «pas depuis les progrès des microprocesseurs de la fin des années 70». Les sommes récoltées depuis l’an dernier s’élèvent donc à 36,3 millions.

Autant de produits que de montagnes

La puce Matterhorn est un retimer, ou resynchroniseur, pour toutes les connexions USB-C. Ce système permet le transfert de données à grande vitesse entre nos appareils: smartphone, tablette, ordinateur, station de chargement ou encore disque dur externe. «Sans retimer, vous n’aurez pas accès au standard USB4, la norme de dernière génération qui émergera d’ici quelques mois», précise le patron de Kandou. Le dispositif contribuera à l’apparition d’appareils électroniques plus petits et plus économes en énergie.

Ces fonds serviront également à développer d’autres composants, aussi nommés d’après des montagnes helvétiques. «Heureusement, la Suisse compte suffisamment de sommets pour nous permettre de créer de nouveaux produits durant des décennies», se réjouit le professeur émérite à l’Ecole polytechnique de Lausanne (EPFL).

Le spin-off s’intéresse par ailleurs au domaine des réseaux et au secteur spatial. «Nous avons établi des partenariats avec des compagnies américaines et européennes dans ce milieu», décrit le CEO. S’il ne révèle aucun nom, il glisse néanmoins que sa société est sur les rangs pour concevoir «un standard d’application du marché spatial». 

Attaché à la région lausannoise

Ce tour de table porte à 132,8 millions de dollars le total des fonds récoltés par Kandou Bus depuis sa création, en 2011. Sur les 130 employés de l’entreprise, plus d’une cinquantaine sont basés en Suisse. «Nous planifions d’y grandir encore. A terme, nous devrons sans doute quitter le quartier de l’EPFL Innovation Park qui convient davantage aux start-up», prédit Amin Shokrollahi qui promet néanmoins que Kandou restera dans le canton de Vaud, à proximité de l’université.

Outre ses bureaux internationaux en Allemagne, au Danemark et au Royaume-Uni, la société déploie des équipes aux Etats-Unis, au Japon et à Taïwan: les plus grands marchés de l’électronique. Elle a, dans sa ligne de mire, tout appareil qui a un port USB-C, soit un potentiel d’affaires immense sur lequel règne déjà le géant des semi-conducteurs californien Intel. «Mais notre puce offre beaucoup d’avantages», assure, confiant, le mathématicien et informaticien d’origine iranienne. En tant que cœur mondial de la connectivité, c’est à Taïwan que sont fabriquées les puces Matterhorn.

Lire aussi: Kandou Bus, super scale-up du marché de la connectivité





 
 
 
 

AGEFI

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