Une entreprise fribourgeoise sur deux s'attend à rencontrer des problèmes de liquidités

mercredi, 25.03.2020

Si la pandémie de coronavirus se prolonge, la capacité à payer les dépenses courantes ne sera plus assurée dans un nombre grandissant d'entreprises fribourgeoises.

SG

Un peu plus d'un sondé sur deux évoque par ailleurs de possibles problèmes de liquidités. (Keystone)

Seulement 16% des 38 entreprises sondées au travers d'une enquête menée du 9 au 18 mars par l'Observatoire fribourgeois de l'économie affirmaient ne pas subir de répercussions négatives liées à la pandémie de coronavirus. Près d'un tiers des entreprises affirmaient devoir introduire ou avait déjà introduit des mesures de chômage partiel à court ou moyen terme.

Plus inquiétant, 69% des sociétés estiment que des diminutions d'effectifs sont possibles à terme, donc en dépit des mesures de réduction de l'horaire de travail. Un peu plus d'un sondé sur deux évoque par ailleurs de possibles problèmes de liquidités. 

Sur la base des données récoltées, il apparaît que la situation deviendrait critique à une large échelle dès le mois de juin, si une normalisation ne survient pas à cet horizon. "Le plan de soutien de 42 milliards de francs présenté vendredi par le Conseil fédéral est donc une nécessité absolue", indique la Chambre de commerce et d'industrie du canton de Fribourg (CCIF) dans un communiqué.

>>> Lire notre dossier sur le Coronavirus

L'enquête révèle également que plus des trois quarts des répondants jugent adéquates les mesures adoptées par les autorités. Le reste se distribue à parts égales entre les sociétés qui estiment les mesures "exagérées" et celles qui jugent le dispositif trop faible. Il faut toutefois souligner que la plus grande partie des réponses ont été formulées avant que le Conseil fédéral ne déclare la Suisse en état d'urgence sanitaire. 

Un tiers des entreprises avait envisagé ce type de crise

Le pessimisme, ou du moins la prudence, est de mise concernant la durée de la crise. Une entreprise sur deux s'attend à des difficultés de longue durée. Un bon tiers dit "ne pas savoir". Il n'y a qu'une entreprise sur neuf à prévoir que le phénomène sera de courte durée.

Concernant la préparation à une pandémie, un tiers des entreprises affirment avoir envisagé ce type de crise. Parmi elles, les deux tiers avaient un plan prêt à être déployé. Ces entreprises ont immédiatement limité les voyages professionnels et déployé des mesures de protection pour leur personnel. Une partie (40% de ces entreprises préparées) a pris des mesures dès l'annonce officielle chinoise, en janvier, d'un nouveau coronavirus, en constituant des stocks supplémentaires. 30% travaillent de leur côté constamment avec des stocks de plusieurs semaines. Pour celles qui fonctionnent à flux plus tendus, les problèmes ont commencé dès janvier. Ils se sont ensuite accélérés et ont touché un nombre grandissant de sociétés au fil des semaines en février.

Au 18 mars, pratiquement les deux tiers des sondés indiquaient réviser leurs attentes à la baisse, notamment en raison de baisses de commandes, de commandes annulées, de projets gelés (dans la construction), de l'impossibilité de livrer (faute de pièces détachées ou en raison de personnel en quarantaine). Certains n'avaient déjà plus d'activités (événementiel, restauration, commerces non alimentaires, etc.). Mais les estimations de pertes de chiffres d'affaires ne sont pas encore possibles à ce stade pour la grande majorité des entreprises.

Il ressort néanmoins clairement qu'une reprise de l'activité vers le mois de juin permettrait de circonscrire les reculs, un effet de rattrapage étant attendu. Cela dit, toutes les entreprises ne pourront pas en bénéficier, indique la CCIF. 





 
 
 
 

AGEFI

Rafraîchir cache: Ctrl+F5 ou Wiki



...