«Une éducation en technologies digitales est aujourd’hui centrale»

lundi, 09.12.2019

Qui sont les Millennials?

Sylvie Kipfer*

Une définition précise est difficile à établir. Ce terme qualifie les personnes nées entre 1980 et 2000 qui se démarquent notamment par leur aptitude à maîtriser les nouvelles technologies. Qualifiée d’«hyper-connectée», cette génération utilise les réseaux sociaux quotidiennement et est ainsi accoutumée à échanger constamment. Bien que le monde compte actuellement 2,3 milliards de jeunes entre 18 et 35 ans, le terme de «Millennials» est absent des manuels d’aide humanitaire.

Des outils de prévention contre la criminalité

Pourtant, il est essentiel de tenir compte des besoins spécifiques de cette population suite à des catastrophes naturelles, lors de conflits ou dans les centres urbains et bidonvilles particulièrement dangereux. La protection et la prévention font partie des priorités pour permettre aux Millennials ainsi qu’aux jeunes à partir de 15 ans de disposer des outils nécessaires afin d’échapper à la criminalité qui émerge en situation de conflit, dans des quartiers défavorisés ou après une catastrophe naturelle. 

Informations globalisées même dans les lieux reculés

Cependant, les crises humanitaires ont malheureusement tendance à se prolonger («protracted crisis»). Pensons par exemple aux camps de réfugiés qui, d’abris temporaires, deviennent des logements permanents. Quelles sont les perspectives pour les Millennials qui vivent dans ces endroits? Bien souvent détenteurs de téléphones mobiles, même dans les lieux les plus reculés, ils disposent d’informations globalisées et connaissent les opportunités présentes dans certains pays. Ils développent l’envie de bénéficier des mêmes opportunités et d’améliorer leur niveau de vie. Une éducation adaptée à leur besoin liée aux technologies digitales et à leur capacité d’innovation est aujourd’hui centrale. L’éducation en temps de crise est par ailleurs devenue une priorité pour de nombreuses organisations internationales et ONG. Pour ces jeunes, comme pour les jeunes dans le monde entier, la formation doit être interactive, expérimentale et aborder les nouvelles technologies digitales. 

Les Fablabs pour favoriser l’émergence de projets

La Chaîne du Bonheur se positionne dans cette perspective. L’un de ses projets phares, qu’elle soutient avec son fonds innovation, est la mise en place de «Fablabs» par Terre des hommes – Aide à l’enfance en Grèce, à Gaza et au Burkina Faso. Dans ces ateliers qui favorisent la réalisation de projets avec des outils de production numérique, les jeunes peuvent apprendre à maîtriser une technologie innovante et laisser libre cours à leur créativité. Ils acquièrent également des compétences en linguistique et mathématiques lors des cours liés à la production de leur projet. Ces ateliers s’inscrivent dans un cadre interactif et protégé, les jeunes peuvent également oublier quelques instants les difficultés qui marquent leur vie et être fier de réaliser leur projet. 

L’aide humanitaire a le devoir de permettre à cette génération et à celle qui suit de disposer de perspectives, de répondre à leurs exigences et de les aider à construire leur avenir.

*Chargée communication digitale, Chaîne du Bonheur





 
 
 
 

AGEFI

Rafraîchir cache: Ctrl+F5 ou Wiki



...