Un premier semestre réjouissant pour Julius Baer

lundi, 20.07.2020

Malgré un recul des avoirs sous gestion de 5,7% sur six mois, le gestionnaire de fortune zurichois Julius Baer a su tirer parti de la crise du coronavirus avec un total d’entrées nettes de 5 milliards de francs au premier semestre.

La banque revendique des afflux "solides" en provenance d'Europe ainsi que d'Asie, un marché stratégique. (Keystone)

Le gestionnaire de fortune Julius Baer a profité au premier semestre de la volatilité ayant prévalu sur les marchés financiers en raison de la crise du coronavirus. L'activité clientèle a dopé les recettes et la rentabilité de la banque zurichoise. La masse sous gestion a reculé malgré une collecte positive.

A fin juin, les avoirs sous gestion s'élevaient à 401,8 milliards de francs, en recul de 5,7% sur six mois, indique Julius Baer lundi. Les effets de change et de marché ont entamé les volumes à hauteur respectivement de 12,5 milliards et de 16,2 milliards.

Les entrées nettes d'argent ont atteint 5 milliards, moins que les 6,2 milliards recueillis au premier semestre 2019. La banque revendique des afflux "solides" en provenance d'Europe - Allemagne, Grande-Bretagne, Irlande et Luxembourg - ainsi que d'Asie, un marché stratégique. L'Amérique latine a également généré de la croissance.

Le produit d'exploitation s'est étoffé de 8,9% sur un an à 1,85 milliard de francs, soutenu par les revenus de commissions (+8% à 1,03 milliard). La filiale italienne à problèmes Kairos a continué à peser sur la performance. Les recettes tirées des opérations d'intérêts ont plongé d'un cinquième à 333 millions, tandis que celles issues des instruments financiers ont pris l'ascenseur (+71%) à 515 millions.

La marge brute s'est fixée à 92 points de base, contre 83 points il y a un an, selon les indications fournies par le groupe.

Suppressions de postes réalisées

Les charges d'exploitation sont restées stables à 1,23 milliard. Les bonus de performance versés aux conseillers ont été compensés par les économies réalisées grâce aux suppressions de postes. Les frais généraux ont reculé de 5%. Le ratio coûts-revenus a été amélioré de 4,4 points de pourcentage à 66,6%.

Julius Baer a dégagé un bénéfice avant impôts de 616,4 millions (+31%), tandis que le résultat net a bondi de 43% à 491 millions. "Les résultats exceptionnels obtenus au cours du premier semestre 2020 démontrent la force et la résilience de notre modèle de pure gestion de fortune", affirme Philipp Rickenbacher, directeur général, cité dans le communiqué.

A l'exception du ratio coûts-revenus, les chiffres publiés sont supérieurs aux prévisions du consensus AWP. La masse sous gestion est dans la cible.

Aucune prévision chiffrée n'est fournie pour l'exercice en cours. Les objectifs à moyen terme sont confirmés. Ils impliquent un ratio coûts-revenus inférieur à 67%, une marge opérationnelle avant impôts entre 25-28 points de base, une progression du résultat avant impôts de 10% minimum entre 2020 et 2022 et un rendement des fonds propres de première catégorie supérieur à 30%.

Le programme de réductions de coûts suit son cours. Julius Baer a procédé à quasiment toutes les coupes dans les effectifs prévues en 2020, avec déjà un impact sur le résultat du premier trimestre, précise le communiqué. L'établissement zurichois compte économiser 200 millions de francs et améliorer ses recettes d'au moins 150 millions d'ici 2022 comparé à 2019. (awp)





 
 
 
 

AGEFI

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