Les start-up des femmes sous-financées comparées à celles des hommes

mardi, 10.09.2019

Les start-up fondées par des femmes reçoivent en moyenne 2,5 fois moins de fonds que celles fondées par des hommes, selon un rapport du grand groupe de conseil international Boston Consulting Group.

Deborah Heintze, co-fondatrice & COO de Lunaphore Technologies.

Selon Boston Consulting Group, les start-up fondées par des femmes reçoivent en moyenne 2,5 fois moins de fonds que celles fondées par des hommes.

L'étude a été réalisée en collaboration avec Sista, un collectif de femmes entrepreneures et investisseures qui promeut plus d'investissement dans les entreprises dirigées par des femmes.

Au total, depuis 2008, les start-up fondées par des femmes n'ont levé que 2% du montant total levé par les jeunes pousses, selon l'étude.

Les start-up "masculines", fondées par des hommes, ont recueilli 89% du financement.

Le reste a été attribué à des sociétés mixtes, où des femmes figurent parmi les fondateurs, selon la même source.

Lorsqu'elles défendent leurs dossiers de financement, les femmes fondatrices trouvent bien peu de femmes parmi les fonds d'investissement qui ont les clefs du coffre.
"Parmi les principaux fonds d'investissement, plus de la moitié ne comptent aucune femme parmi leurs partners (associés)", souligne le BCG.

Face à cette situation, Sista est en train d'achever une charte de bonnes pratiques pour les fonds d'investissement, afin de tenter d'inverser la tendance au sous-investissement pour les projets féminins.

La charte "a déjà été signée par une trentaine de fonds français et sera présentée le 24 septembre à Bercy", a indiqué à l'AFP Valentine de Lasteyrie, secrétaire générale de Sista, et elle-même associée du fonds Fiblac.

"Il s'agit d'une boîte à outils de bonnes pratiques pour dépasser les biais inconscients" qui désavantagent les femmes, et qui sont présents chez tout le monde, homme ou femme, a-t-elle expliqué.

>>Lire aussi: les femmes se font une place sur la scène suisse des start-up

Ainsi par exemple, lors des présentations de projet devant les fonds d'investissement, ceux-ci demandent "toujours aux hommes de présenter leurs scénarios de succès, et toujours aux femmes de parler des risques d'échecs", a-t-elle observé.

La situation est meilleure pour les femmes au Royaume-Uni, autre grande terre européenne de start-up, où les jeunes pousses féminines ne reçoivent "que" 1,3 fois moins de fonds que les masculines.

Mais elle est pire en Allemagne, ou le multiple grimpe à 3,5.

"Au rythme actuel, il faudra attendre 2090 en France, 2067 au Royaume-Uni et 2139 en Allemagne pour atteindre la parité", note l'étude du BCG.(awp)

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AGEFI

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