Les entreprises pharmaceutiques renouent avec la croissance en 2019

mercredi, 24.06.2020

Les plus grandes entreprises pharmaceutiques mondiales ont renoué avec la croissance en 2019, selon la dernière étude d'EY. Roche s'est positionné en tête du classement dans les catégories chiffre d’affaires total et dépenses de recherche et développement.

MH

2019 a particulièrement souri à Roche. (Keystone)

Après une progression interrompue l’année précédente, les plus grandes entreprises pharmaceutiques mondiales ont renoué avec la croissance en 2019, selon l’étude du cabinet EY.

Les groupes ont particulièrement redoublé d’efforts en matière d’innovation. Les dépenses de recherche et de développement (RD) des 21 groupes étudiés ont augmenté de 14,2%, alors qu’elles avaient diminué de 1,9 % en 2018.

Les entreprises sont également parvenues à redresser leur bénéfice d’exploitation (EBIT): après une croissance en recul de 3,2 % en 2018, leur EBIT a progressé de 11,9 % en 2019. Elles peuvent également se réjouir de la forte croissance de leur chiffre d’affaires (+12,3%).

Roche en tête

Représentée par les deux poids lourds de l’industrie pharmaceutique Roche et Novartis, la Suisse se place en bonne position dans le classement mondial. Roche s’est hissée en tête du classement 2019, devant Johnson & Johnson et Merck & Co. Inc, dans les catégories chiffre d’affaires total (45.600 millions d'euros), chiffre d’affaires des médicaments blockbusters, EBIT, et dépenses de RD (9197 millions d'euros).

Novartis se classe en cinquième position du classement dans la catégorie du chiffre d'affaires (33.693 millions d'euros) ainsi que pour les dépenses de RD (6776 millions d'euros).

«En 2019, avant le coronavirus, l’industrie pharmaceutique a progressé en Suisse comme dans le reste du monde, commente Jürg Zürcher, partner et biotech sector leader chez EY Suisse. Quelques grosses acquisitions ont eu une certaine influence sur les chiffres, notamment le rachat de Shire par Takeda. L’ensemble du secteur s’est focalisé sur le renforcement de ses capacités de recherche et de développement. Les Big Pharma ont été soumises à de fortes attentes en matière d’innovation, plus encore que les Big Biotech, qui sont pourtant reconnues pour le dynamisme de leur recherche». 

Impact du coronavirus

En 2019 comme par le passé, les plus grandes entreprises pharmaceutiques se sont focalisées sur le développement de traitements contre le cancer. C’est dans le domaine de l’oncologie que les entreprises réalisent la majeure partie de leur chiffre d’affaires

L’an dernier, leurs recettes dans ce domaine ont progressé d’un cinquième pour s’établir à 174 milliards d’euros, à la faveur notamment des médicaments blockbusters qui génèrent un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de dollars américains. Face à cela, les maladies infectieuses leur ont permis de générer un chiffre d’affaires de «seulement» 46 milliards d’euros, ce qui représente une augmentation de 5,1% par rapport à 2018. 

«Il faut s’attendre à ce que le thème des infections et celui des résistances aux antibiotiques gagnent de l’importance dans le contexte actuel de crise du coronavirus, selon Jürg Zürcher, expert chez EY. Pour autant, les grandes firmes n’arrêteront pas leurs programmes à long terme et ne refocaliseront pas non plus leurs activités principales sur la COVID-19.» Selon l’expert, cela tiendrait au fait que les pandémies ne sont pas un facteur d’activité planifiable puisque l’on ignore quand et sous quelle forme elles vont se manifester.  

Au début du mois de juin 2020, 242 produits thérapeutiques et 161 vaccins contre le coronavirus étaient en cours de développement. Cependant, l'importance des efforts déployés ne laisse en rien supposer du résultat final. Beaucoup d'argent aura été investi pour rien, 97% des vaccins actuellement testés ne devant pas voir le jour.

Ces résultats sont issus d’une analyse des indicateurs financiers des 21 plus grandes entreprises pharmaceutiques du monde que le cabinet d’audit et de conseil EY a réalisée. Cette analyse porte sur les exercices financiers 2017, 2018 et 2019. 49 % de ces 21 entreprises ont domicilié leur siège aux États-Unis, 42 % en Europe et 9 % au Japon.  

 

 





 
 
 
 

AGEFI

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