Les voyagistes suisses n'échappent pas à la peur du coronavirus

mercredi, 26.02.2020

Les clients préfèrent annuler leurs voyages en Asie ou optent pour d'autres destinations.

Certains clients préfèrent partir vers les États-Unis ou les Émirats arabes unis. (Keystone)

Les agences de voyage et tour-opérateurs suisses surveillent de près l'évolution de l'épidémie de coronavirus. Si son impact sur les affaires est encore difficilement quantifiable, certains clients ont préféré reporter leur escapade ou choisir une autre destination.

"À ce jour, Hotelplan Suisse a enregistré des annulations ou des re-réservations individuelles de voyages en Asie pour les mois à venir" en raison de l'épidémie du nouveau coronavirus, a indiqué auprès d'AWP Bianca Gähweiler, en charge de la communication de la filiale de Migros. "Les voyages en Asie sont actuellement réservés de manière plus prudente". Certains clients préfèrent partir vers les États-Unis ou les Émirats arabes unis.

Chez Globetrotter Travel Service, la demande vers l'Asie "est très limitée", les vacanciers se reportant sur l'Afrique du Sud, les Etats-Unis, le Canada et l'Amérique du Sud. L'agence bernoise propose tout de même une offre pour les Jeux olympiques de Tokyo cet été, pour laquelle "l'intérêt est toujours grand".

DER Touristik Suisse a constaté "une certaine réticence envers la réservation de voyages à l'étranger au cours du mois de février", a fait savoir Markus Flick, porte-parole de la filiale helvétique du voyagiste allemand. "Toutefois, l'impact à court et moyen terme sur le résultat commercial ne peut être estimé à l'heure actuelle".

Selon Olivier Emch, directeur général d'Executive Travel, agence genevoise qui propose notamment des voyages d'affaires, "une baisse de l'ordre de 10%" des réservations vers l'Asie "depuis le début de l'année devrait refléter une certaine réalité". Celles à destination de la Chine, d'où est partie la maladie, ont quasiment stoppé depuis quelques semaines. "Pour le reste du monde, l'impact est moindre mais certainement que des voyages sont remis à plus tard".

Trop tôt pour juger de l'impact en Italie

Concernant la récente apparition de cas de Covid-19 en Italie du Nord, il est encore trop tôt pour faire des prévisions, "mais il est évident que cela aura également des conséquences sur les voyageurs" a ajouté M. Emch.

Walter Kunz, porte-parole de la Fédération Suisse du Voyage (FSV), rappelle qu'il n'y a pas, à ce jour, de restrictions de voyage vers l'Italie. "Par exemple, un membre a organisé des camps de football à Milan, mais les parents ont peur et ne veulent pas que leurs enfants aillent s'entraîner là-bas. C'est un sentiment et une peur personnelle. Tant que les infrastructures sont ouvertes, il n'y a pas de moyen d'annuler sans frais. C'est différent si un client a réservé des places à la Scala par une agence. Comme l'opéra est fermé, il sera naturellement remboursé."

Il est encore trop tôt pour savoir si la situation en Italie va influencer les choix des Suisses pour leurs vacances estivales. "Mais il est probable que les clients attendent encore avant de réserver leurs vacances balnéaires en Italie ou ailleurs. Cela va aussi dépendre des recommandations de l'Office fédéral de la santé publique et de la possible propagation du virus corona en Europe".

Les compagnies aériennes ne devraient pas être épargnées par l'avancée de l'épidémie. Un manque à gagner de près de 30 milliards de dollars en 2020 est prédit par l'Association internationale du transport aérien (Iata). Elle redoute la "première baisse mondiale" des réservations depuis 2008-2009. Le groupe Lufthansa, qui détient la compagnie nationale Swiss, a suspendu les vols vers plusieurs villes chinoises dont Pékin et Shanghai jusqu'au 28 mars.

Les croisiéristes devraient aussi perdre des plumes. Les principaux acteurs du secteur, dont MSC Croisière basé à Genève, ont annulé leurs départs prévus depuis des ports de l'Empire du Milieu. L'Asie est le troisième marché en volume avec 4,24 millions de passagers en 2018, selon l'association professionnelle Clia. (awp)

>> Retrouvez ici notre dossier consacré à l'épidémie





 
 
 
 

AGEFI

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