Malgré les pressions, Urs Rohner réélu à la présidence de Credit Suisse

jeudi, 30.04.2020

Les actionnaires de Credit Suisse ont approuvé l'élection d'Urs Rohner à la présidence avec 77,5% des voix, contre 93,15% l'année dernière.

Urs Rohner siège au conseil d'administration de la grande banque depuis 2009.(Keystone)

Urs Rohner quittera la présidence de Credit Suisse en 2021, comme il l'avait prévu. L'assemblée l'a réélu jeudi pour un dernier mandat à la tête du conseil d'administration, malgré un score bien moins flatteur qu'en 2019.

Les actionnaires ont approuvé l'élection d'Urs Rohner avec 77,5% des voix, contre 93,15% l'année dernière.

Le président de Credit Suisse s'est retrouvé au centre des critiques de certains actionnaires importants après le scandale des filatures, qui a causé le départ de l'ex-directeur général Tidjane Thiam en févier et la démission du directeur opérationnel Pierre-Olivier Bouée l'automne dernier.

Urs Rohner siège au conseil d'administration de la grande banque depuis 2009. Il a accédé à la présidence en 2011. Entre 2004 et 2009, il était membre de la direction générale, notamment en qualité de directeur opérationnel.

M. Rohner ne pourra plus se représenter en 2021, car il sera frappé par la limitation fixée à douze mandats. La recherche d'un successeur est "bien engagée", a assuré le président.

L'assemblée générale de Credit Suisse s'est déroulée dans un centre de conférence de la banque à Horgen, près de Zurich, et non au Hallenstadion comme d'habitude. Les actionnaires n'étaient pas présents, afin de respecter les directives du Conseil fédéral pour limiter la propagation du coronavirus. Les consignes de vote ont été transmises à un représentant
indépendant.

Les actionnaires ont également décidé d'exonérer le conseil d'administration et la direction de toute responsabilité en ce qui concerne l'affaire des filatures. Ils leur ont accordé la décharge pour 2019 à 79,6%, moins que les 87,9% de l'assemblée précédente. 

Dividende divisé plébiscité 

Tous les points à l'ordre du jour relatifs aux questions de rémunération ont également passé la rampe, malgré un enthousiasme plus modéré de la part des actionnaires. 

Lors d'un vote consultatif, le rapport de rémunération 2019 a été approuvé par 79,2% de oui, contre 82,1% l'année dernière. 

La politique salariale du numéro deux bancaire helvétique avait fait l'objet de nombreuses réserves avant la tenue de l'assemblée. Certaines sociétés de conseil aux actionnaires, comme le très influent cabinet américain Glass Lewis, recommandaient de rejeter certaines propositions. La fondation genevoise Ethos regrettait notamment que les rémunérations étaient en inadéquation avec le dégât d'image provoqué par l'affaire des filatures. 

Le principe d'un versement de dividende en deux tranches de 0,1388 franc par action a également convaincu une écrasante majorité, soit 96,3% des votants. Le scrutin portait sur la première tranche de dividende qui sera versée le 11 mai. La deuxième est attendue pour le quatrième trimestre, si la situation économique le permettra, a rappelé le président Urs Rohner. 





 
 
 
 

AGEFI

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