Le repositionnement mouvementé de Leclanché

mardi, 15.09.2020

L'entreprise vaudoise Leclanché sera scindée en deux entités autonomes, l’une concentrée sur l’électrification des véhicules et l’autre sur l’intégration des énergies renouvelables au réseau. Commentaire.

Christian Affolter

L’assemblage d’une batterie dans l'usine de Leclanché, à Yverdon-les-Bains. Fournisseur de solutions de stockage d'énergie de haute qualité, Leclanché est la seule société de stockage d'énergie pure play cotée au monde et est cotée à la Bourse suisse. (Keystone)

L’histoire récente de l’entreprise yverdonnoise plus que centenaire Leclanché est faite d’innombrables péripéties surprenantes. A plusieurs reprises, la société s’est trouvée au bord de la faillite. L’annonce de ce mardi de poser sur de nouvelles bases (coopération industrielle et prêt suspendus pour une durée indéterminée) le partenariat avec Eneris communiqué le 2 juin seulement n’en est que le dernier épisode. Le financement est encore revu de fond en comble, avec une forte réduction de l’endettement, heureusement avec le soutien sans faille de son actionnaire principal FEFAM.

Pour une société cotée, ces revirements fréquents sont inhabituels. N’oublions pas que Leclanché est un cas très particulier. Il reflète actuellement plus la réalité d’une PME active à l’échelle internationale se préparant pour la prochaine phase de déploiement industriel dans un domaine à fort potentiel que celle d’un groupe coté. Leclanché nous donne ainsi le privilège de pouvoir se confronter à une réalité qui resterait plus discrète sans la transparence imposée par sa présence sur SIX.

Dans l’intervalle, les nerfs des actionnaires de Leclanché sont une nouvelle fois mis à rude épreuve, comme le montre la réaction négative sur le marché (-2,0% à 14h30). En tant qu’investisseur de Leclanché, depuis la fin de son activité dans les batteries conventionnelles à laquelle la marque reste néanmoins associée, il faut de toute façon être convaincu du potentiel à moyen et long terme des solutions développées. La nouvelle subdivision en deux entités distinctes – solutions de mobilité électrique et solutions de stockage stationnaire – le laisse apparaître encore plus clairement. Elle souligne les grands axes de la réorientation stratégique entreprise depuis l’arrivée d’Anil Srivastava en tant que CEO en juin 2014. Un repositionnement qui, le CEO l’a répété, vise aussi à rendre Leclanché intéressante pour les investisseurs.

Scission avant la fin d’année

Pour rappel, le groupe yverdonnois Leclanché fonctionnera sous deux entités autonomes à partir du quatrième trimestre de cette année. Cette scission, en pleine crise pandémique, s'accompagne de la suspension de la mise en place de son accord avec son homologue polonais Eneris. Le producteur de solutions de stockage énergétique opérera sous deux entités indépendantes, "eTransport Solutions", centrée sur l'électrification des véhicules et des navires, et "Stationary Storage Solutions", axée sur l'intégration des énergies renouvelables dans le réseau électrique. Cette scission, qui intervient en pleine récession économique due au Covid-19, sera effective à partir d'octobre prochain.

Elle s'accompagne de la suspension des effets de sa coopération avec le polonais Eneris du fait des délais provoqués par la crise pandémique. Cela concerne notamment l'accord de licence (TLA) qui aurait dû fournir à Leclanché des fonds jusqu'à 42 millions de francs, d'après un communiqué publié mardi. Le groupe a par ailleurs précisé qu'il opérera la conversion de sa dette en une augmentation de capital, à hauteur de 61 millions de francs. (awp)

Lire aussi: Les projets de Leclanché pas remis en cause par les actionnaires

 

 





 
 
 
 

AGEFI

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