Leclanché contraint de remettre l'ouvrage sur le métier

mercredi, 15.05.2019

L'entreprise vaudoise Leclanché doit tripler ses capacités de production en Allemagne pour honorer toutes ses commandes.

Le récent rejet par les actionnaires de la réduction de la valeur nominale du titre contrarie les plans de Leclanché. (Keystone)

Leclanché est engagé dans une course contre la montre pour trouver les 40 millions de francs nécessaires, afin de tripler ses capacités de production en Allemagne et honorer ainsi comme elle l'entend toutes ses commandes pour les transports électriques. Le récent rejet par les actionnaires de la réduction de la valeur nominale du titre contrarie ses plans.

L'entreprise vaudoise ne répond pas aux exigences du Code des obligations (CO) relatives au niveau de fonds propres par rapport au capital. "Le Code ne fixe pas de délai pour nous mettre en conformité, mais nous désirions régler ce problème une fois pour toutes" lors de l'assemblée des actionnaires de la semaine dernière, a expliqué mercredi à AWP le directeur financier Hubert Angleys.

Or, l'assemblée, dominée par Fefam, un regroupement de quatre fonds luxembourgeois qui détient plus de 70% des parts, a refusé que la valeur nominale de l'action soit réduite comme proposé de 1,50 franc à 10 centimes. Cette diminution était un des deux volets présentés, en plus de la conversion en capital propre d'un prêt de 36 millions de francs de Fefam, pour renforcer le bilan.

Le refus des actionnaires complique la recherche de nouveaux financements. "C'est ennuyeux mais ce n'est pas une catastrophe", résume M. Angleys. "Nous avançons et avons fixé à fin juin le délai aux investisseurs institutionnels qui nous aident dans la recherche de fonds pour présenter une solution."

A défaut, l'augmentation des capacités de production pour la fabrication de cellules dans l'usine de Willstätt, en Allemagne, indispensable pour répondre aux commandes en forte hausse, ne pourra pas se faire comme prévu.

Sous-traitance comme plan B

"Une des difficultés qui se pose est la somme du ticket (40 millions), souvent jugé trop petit", précise M. Angleys. Nombre de partenaires potentiels recherchent des investissements d'au moins 100 millions. A l'inverse, une option pourrait être de trouver plusieurs "petits" investisseurs, s'engageant par exemple chacun pour une douzaine de millions.

Si elle ne trouve pas le financement, l'entreprise vaudoise devra sous-traiter une partie de la fabrication de ses cellules servant aux modules de batterie pour les transports électriques (ferries, bus, camions, train), pour lesquels les commandes affluent.

"Cette sous-traitance devrait se faire en Asie, avec un impact sur nos marges. Si nous sommes contraints à adopter ce plan de substitution, le retour à l'équilibre financier opérationnel sera reporté au-delà de 2020", précise le directeur financier.

Pour Leclanché, le scénario idéal consisterait désormais à trouver les 40 millions recherchés d'ici fin juin, puis de convaincre Fefam de voter la réduction de la valeur nominale du titre lors d'une nouvelle assemblée, extraordinaire celle-ci, qui serait convoquée pour l'automne. Pour obtenir ce revirement de l'actionnaire majoritaire, il faudra dissiper ses craintes que les nouveaux investisseurs puissent bénéficier d'un prix d'entrée trop bas, avec le risque subséquent d'effet dilutif.

Leclanché a annoncé pour 2018 un chiffre d'affaires de 48,7 millions de francs (contre seulement 18 millions en 2017) et un carnet de commandes "solide" avec des projets adjugés de 60 millions pour 2019. La société a subi une perte opérationnelle de 39,1 millions et une perte nette de 50,7 millions.

L'entreprise est engagée dans un recentrage allant du secteur du stockage de l'énergie - qui représentait l'an dernier 80% des ventes - vers les solutions pour les transports électriques. De 20% l'an dernier, ce dernier secteur devrait passer à 30% en 2019 puis devenir à terme largement majoritaire, a expliqué M. Angleys. (awp)





 
 
 
 

AGEFI

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