Alpiq obtient l'aval du régulateur boursier pour une décotation

mercredi, 27.11.2019

L'énergéticien valdo-soleurois se retirera de la place zurichoise le 17 décembre prochain.

La décotation doit permettre de réaliser des économies de l'ordre de plusieurs millions de francs. (Keystone)

Alpiq a obtenu l'approbation de SIX Exchange Regulation pour son projet de décotation. Le retrait de la place zurichoise surviendra le 17 décembre, au lendemain d'une ultime séance de négoce, indique un communiqué publié mercredi.

L'offre publique d'achat (OPA) lancée par le Consortium des Minoritaires Suisses, EOS Holding SA et Schweizer Kraftwerksbeteiligungs-AG (SKBAG) a réduit le flottant du groupe à peau de chagrin et asséché les volumes de négoce, rappelle l'énergéticien valdo-soleurois. La décotation doit en outre permettre de réaliser des économies de l'ordre de plusieurs millions de francs.

Une fois décotés, les titres pourront continuer à s'échanger directement entre actionnaires ou par le biais de plateformes bancaires idoines, mais Alpiq prévient n'avoir aucune intention d'établir une place de négoce de gré à gré (OTC).

La société rappelle encore qu'il existe, moyennant l'aval d'au moins 90% des actionnaires, une possibilité de procéder à une fusion dite de retrait obligataire (squeeze out), débouchant sur le dédommagement en espèces des actionnaires minoritaires ainsi évincés.

Dans ses considérants quant à la décision de décotation, le régulateur de la Bourse suisse rappelle que l'offre émise sous l'égide de SKBAG a récolté 89,94 des titres et droits de vote d'Alpiq. L'actionnaire unique Merion Capital détenant 5,488%, la part en mains publiques représente désormais moins de 5% de l'ensemble du capital-actions.

Il devient difficile dans ces conditions de générer un trafic d'actions conséquent et d'y fixer un prix, poursuit SIX Exchange Regulation. Le gendarme bousier souligne encore qu'une décotation ne portera pas préjudice aux actionnaires minoritaires restants.

La Banque cantonale de Zurich (ZKB) se demande ouvertement si les titres qui échappent encore au consortium autour de SKBAG feront l'objet d'un négoce hors-Bourse et s'interroge sur les modalités tarifaires d'une éventuelle fusion de retrait obligatoire. L'établissement doute toutefois d'un impact sensible de la décision du jour au vu de la modestie du flottant restant, réparti de surcroît entre une poignée d'actionnaires.

A 10h22, la nominative Alpiq cédait 0,6% à 71,90 francs, dans un volume modeste de moins de 3000 échanges et à contre-courant d'un SPI en hausse de 0,31%. (awp)

Les minoritaires ne communiquent pas leurs intentions

Alpiq procède à la décotation de ses actions de SIX conformément au calendrier prévu. Comme si les quelques actions manquant aux grands actionnaires pour réunir le 90% du capital permettant de procéder à un rachat de titres restants en espèces ne posaient aucun problème. De ce point de vue, la volonté réaffirmée d’y procéder à terme ne surprend guère. Ce qui est certain, c’est qu’il n’existe pratiquement plus que deux blocs au sein de l’actionnariat d’Alpiq, puisque la fronde des minoritaires réunit une large part du flottant restant. Il est dès lors facile d’argumenter avec une activité de négoce particulièrement faible. Cela pourrait n’être que temporaire, les minoritaires souhaitant avoir le poids nécessaire pour soit éviter la décotation, soit obtenir un prix plus favorable.

Mais depuis la lettre du gestionnaire britannique Knight Vinke au conseil d’administration d’Alpiq relayée par les médias, et l’entrée de l’américain Merion dans le capital en devenant principal actionnaire minoritaire, ces opposants aux plans des grands actionnaires n’ont donné plus aucune nouvelle. Ce silence face au progrès du processus du côté des partisans de la décotation est étonnant, voire décevant. Seraient-ils déjà de guerre lasse? En tout cas, le marché n’y croit plus, le titre Alpiq étant retombé mercredi au niveau de l’offre, à 70 francs. Mais un tel scénario n’est pas en accord avec la stratégie de Merion, qui affectionne plutôt les batailles juridiques pour améliorer des conditions qu’il juge défavorables et réaliser ainsi une plus-value. Une surprise n’est donc pas à exclure. – (Christian Affolter)





 
 
 
 

AGEFI

Rafraîchir cache: Ctrl+F5 ou Wiki




...