«Le coronavirus permet de tester la solidité de notre structure»

jeudi, 02.04.2020

Le spécialiste lausannois des chaussures en laine Baabuk a vu ses ventes sensiblement chuter en raison du coronavirus. L'équipe de la co-fondatrice Galina Witting a été très réactive en lançant notamment l'initiative "You care, we care". Entretien.

Propos recueillis par Marine Humbert

Les chaussures en laine lancées par Galina et Dan Witting, sont destinées aux gens qui aiment la laine, qui vont à la montagne pour se détendre ou qui font de la promenade active en ville.

La start-up lausannoise Baabuk fabrique et commercialise des chaussures en laine. Elle distribue ses produits directement sur son site internet mais aussi en B2B, à travers ses boutiques partenaires. Sa cofondatrice Galina Witting fait état de l'impact immédiat et important du coronavirus sur les activités de son entreprise, mais constate également une période où l'innovation et les idées jaillissent de toute part. Entretien.

Comment jugez-vous l'impact économique du coronavirus sur votre activité?

Les revendeurs ont tous fermé début mars et les ventes sur le site ont sensiblement chuté. L'impact du coronavirus était immédiat et très important. La consommation de nos clients s'est réduite aux biens de première nécessité. Cette situation peut encore évoluer sur la durée.

Cette situation n'est pas facile mais, comme tout changement, permet de tester la solidité de notre structure et aboutir à de nouvelles opportunités. La réaction et la réorganisation de notre équipe était immédiate. Nous avons déjà l'habitude de travailler à distance, la présence au bureau n'étant pas obligatoire. Nous avons eu une série de brainstormings pour repenser notre distribution et notre communication. Des nouvelles idées jaillissaient de tous les côtés.

Je pense qu'à l'heure actuelle, notre équipe est encore plus motivée et soudée qu'avant. En tant que cheffe d'entreprise, je suis fière et reconnaissante de la dynamique et de la réactivité qui se sont mises en place.

Et au niveau de l'opérationnel?

Côté opération, notre entrepôt partenaire, la fondation BVA, a dû fermer ses portes. Ils travaillent avec des personnes en situation d'handicap et donc à risque et nous soutenons totalement leur décision. Nous avons pris une partie de notre stock à notre domicile et préparons les commandes nous-mêmes.

Je pense sincèrement qu'un minimum d'activité doit être maintenu. Pas uniquement pour le bien de notre entreprise mais pour continuer à faire tourner "à petit feu" cette grande machine que nous appelons l'économie.

Baabuk est un éco-système qui comprend les fermiers, les fabricants de chaussures, les livreurs, les revendeurs, etc. Maintenir une activité veut dire pour moi continuer à supporter et être solidaire avec toutes ces personnes. 

La Confédération a mis en place un programme de prêts d’urgence pour les entreprises. (prêts de jusqu’à 500'000 francs cautionnés à 100% par la Confédération à un taux d’intérêt de 0%). En avez-vous bénéficié et à quelle hauteur?

Nous en avons fait le demande et venons d'obtenir un retour positif de notre banque. Nous avons obtenu un prêt correspondant à 10% de notre chiffre d'affaire 2018.

Le Conseil fédéral a décidé d'accorder le chômage partiel aux personnes qui occupent une position assimilable à celle d’un employeur d'un montant de 3320 francs pour un emploi à plein temps. En avez-vous bénéficié?

Nous avons aussi fait les démarches pour demander le chômage partiel mais pour seulement une partie des employés. Un pourcentage des tâches peuvent être faites en télétravail et le temps de certains employés peut être basculé sur autre chose.

Estimez-vous recevoir un soutien suffisant de la part des autorités cantonales et fédérales?

Pour le moment et à moyen terme ce soutien sera suffisant à notre niveau.

Des chaussons pour les travailleurs de première ligne

Dans la lignée des nouvelles idées solidaires, l'équipe de Baabuk vient de lancer une initiative "You care, we care" afin d'aider les travailleurs qui luttent en première ligne contre le coronavirus, comme le personnel des hôpitaux et des supermarchés, mais aussi les employés des pharmacies et des institutions publiques. Le programme permet aux clients de Baabuk de faire un don d'un montant choisi lors d'un achat sur le site. Pour chaque don, l'entreprise lausannoise s'engage à offrir une paire de pantoufles à un travailleur de première ligne. "Nous sommes au tout début mais avons déjà équipé une pharmacie avec des chaussons", souligne Galina Witting.

>>>Lire aussi: Baabuk veut lever 3 millions de francs

>>>Lire également notre dossier Coronavirus





 
 
 
 

AGEFI

Rafraîchir cache: Ctrl+F5 ou Wiki



...