Le pétrole a dépassé 65 dollars, entre efforts de l'Opep et crise au Venezuela

vendredi, 15.02.2019

Le prix du pétrole de Brent, référence internationale du brut, a dépassé son plus haut de l'année avec les baisses de production de l'Opep et la crise au Venezuela, et se stabilisait vendredi en cours d'échanges européens.

Les sanctions américaines contre l'Iran et le Venezuela devraient peser sur l'offre mondiale, et pourraient ramener le marché du pétrole à l'équilibre.(Keystone)

Lors des échanges asiatiques, le baril de Brent a franchi le seuil des 65 dollars pour culminer à 65,10 dollars, son plus haut depuis presque trois mois.

"Les paris sur la hausse des prix se sont multipliés cette semaine car les cours ont reçu un petit coup de pouce de l'Opep", a résumé Stephen Brennock, analyste de PVM.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) avait annoncé début décembre que ses membres et leurs partenaires, dont la Russie, allaient accentuer leurs efforts de limitation de la production pour soutenir un marché dont les prix fondaient depuis début octobre.

A l'époque, les marchés n'avaient pas été convaincus et les cours avaient continué de reculer, pour atteindre fin décembre leur plus bas niveau depuis plus de deux ans, à 49,53 dollars pour le Brent et à 42,36 dollars pour le WTI.

Mais les rapports mensuels de l'Opep et de l'Agence internationale de l'Energie (AIE) ont confirmé que les membres de l'Opep tenaient leurs promesses et avaient taillé dans leurs extractions.

Iran, Venezuela... Nigeria ?

Outre les efforts volontaires de l'Opep, "les sanctions américaines contre l'Iran et le Venezuela devraient peser sur l'offre mondiale, et pourraient ramener le marché du pétrole à l'équilibre", a commenté Lukman Otunuga, analyste de FXTM.Ces deux producteurs importants voient en effet leurs exportations entravées par les mesures prises par Washington.D'autres pays voient aussi leurs productions perturbées involontairement.

La Libye a dû interrompre plusieurs fois ses exploitations en raison du conflit armé qui secoue le pays.

Et au Nigeria, premier producteur africain, le groupe rebelle des Vengeurs du delta du Niger, qui attaque régulièrement les infrastructures du sud-est pétrolier, a affirmé son soutien à l'opposant Atiku Abubbakar à la présidentielle de samedi.

"Cela rappelle au marché que les autorités nigérianes n'ont pas éliminé la menace de ces militants armés", a souligné M. Brennock.

Independance Day

Paradoxalement, les efforts de l'Opep n'auraient peut-être donc pas suffi à faire remonter les prix si les Etats-Unis n'avaient pas poursuivi une politique agressive envers deux de ses membres.

"Les Etats-Unis ont atteint l'indépendance énergétique, ce qui permet à Washington de poursuivre sa politique (de sanctions) face à des régimes" de producteurs dont ils avaient besoin auparavant pour éviter de faire flamber les prix, ont commenté les analystes de Bank of America Merrill Lynch.Le cours du WTI, référence américaine, a d'ailleurs augmenté dans une moindre mesure, et l'écart entre les deux références s'est creusé, à plus de dix dollars actuellement.

Les Etats-Unis sont en effet désormais le premier producteur mondial, grâce à leur ample industrie du pétrole de schiste, ce qui a rebattu les cartes du monde de l'or noir.

"De nouvelles alliances vont émerger, comme c'est déjà le cas avec le rapprochement de l'Arabie saoudite et de la Russie", ont ajouté les mêmes analystes.Vers 11H10 GMT (12H10 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril valait 64,95 dollars à Londres, en hausse de 38 cents par rapport à la clôture de jeudi.

A New York, le baril de WTI, référence américaine, pour livraison en mars gagnait 34 cents à 54,75 dollar.(awp)





 
 
 
 

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