La posture de Sulzer n’est pas si mauvaise, mais des licenciements sont inéluctables

vendredi, 24.07.2020

Le groupe industriel de Winterthour et spécialisé dans les pompes limite la casse au premier semestre. Sulzer doit néanmoins tailler dans ses effectifs: 55 postes seront supprimés en Suisse.

Au vu de la reprise observée, la direction du groupe s'attend à voir la rentabilité opérationnelle à son niveau d'avant la pandémie en 2021. Le redressement visé ne se passera cependant pas sans heurts pour le personnel basé en Suisse. (Keystone)

Le groupe industriel Sulzer a bouclé le premier semestre sur des résultats en baisse marquée, mais dans l'ensemble supérieurs aux attentes. Le retour de la rentabilité opérationnelle à son niveau d'avant la crise est prévu pour 2021, mais cela se fera au prix d'économies qui toucheront des places de travail en Suisse.

Les entrées de commandes entre janvier et juin se sont contractées de 4,8% en rythme annuel, à un peu plus de 1,84 milliard de francs. Au 30 juin, le carnet d'ordres s'inscrivait à près de 1,95 milliard, soit 8,6% de mieux qu'au bouclement de 2019, et ce "en dépit des perturbations sans précédent du marché causées par la pandémie".
Le chiffre d'affaires s'est quant à lui étiolé de 9,9% à 1,60 milliard, en raison des mesures de confinement et de ruptures dans la chaîne d'approvisionnement, précise le conglomérat winterthourois vendredi dans un communiqué. Le résultat opérationnel (Ebita) a chuté de plus d'un quart (-25,6%) à 120,2 millions de francs, pour une marge afférente de 7,5%, en recul de 160 points de base (pb). Le bénéfice net attribuable aux actionnaires a fondu de 76,3% à 15,4 millions.

"Nous avons une fois de plus démontré notre résilience, qui repose sur notre présence mondiale et sur un mélange équilibré d'activités de début et de fin de cycle", s'est félicité le CEO, Greg Poux-Guillaume. La copie rendue par Sulzer est supérieure à la moyenne des prévisions des analystes à tous les niveaux, le bénéfice net dépassant même les expectatives les moins pessimistes.

Redressement en vue

Au vu de la reprise observée, la direction du groupe s'attend à voir la rentabilité opérationnelle se redresser au deuxième semestre et table sur une marge Ebita de 8,5-9,0% pour l'ensemble de l'exercice, et un retour au niveau d'avant la pandémie en 2021.

Le redressement visé ne se passera cependant pas sans heurts pour le personnel basé en Suisse. Jeudi soir, le groupe avait confirmé une information du syndicat Unia concernant la suppression de 55 postes dans la division Chemtech sur les sites de Winterthour, Oberwinterthur et Allschwil.

Le programme de restructuration devrait engendrer des coûts uniques à hauteur de 80 millions de francs, dont 53 millions ont été comptabilisés au premier semestre, précise Sulzer.

A terme, l'entreprise espère réaliser des économies structurelles de 70 millions de francs dans le secteur énergétique. En 2021, celles-ci devraient déjà se monter à 50 millions.

"Nous ne pouvons fournir de détails sur les suppressions de postes prévues, car nous sommes encore en pourparlers avec les partenaires sociaux dans plusieurs pays", a expliqué le CEO en téléconférence. Il n'a pas non plus souhaité préciser combien de sites seraient fermés, ni dans quels pays.

Pas 55 licenciements

Revenant sur les coupes en Suisse, il a insisté sur le fait que si 55 postes allaient bel et bien être supprimés, cela ne signifiait pas 55 licenciements, laissant entendre que certains collaborateurs touchés se verraient offrir une nouvelle position au sein du groupe, en Suisse ou en Europe.

A propos de la performance du groupe, il a souligné la bonne tenue des activités après-vente, les pièces de rechange notamment, qui ont connu une croissance organique et représentent désormais environ 45% des recettes du groupe.

Selon Greg Poux-Guillaume, l'activité dans le secteur des hydrocarbures risque de se montrer souffreteuse au cours des 18 prochains mois. Le patron de Sulzer a néanmoins souligné que l'exposition de l'entreprise à ces marchés n'était que de 30% environ.

Il n'a pas souhaité articuler d'objectif chiffré en termes de ventes, mais a rappelé que le chiffre d'affaires du deuxième semestre était généralement 10% supérieur à celui du premier. "Cela devrait être semblable cette année", a-t-il assuré.

Impact limité de la pandémie

Sulzer est parvenu - pour le moment, du moins - à limiter l'impact de la pandémie grâce à son modèle d'affaires diversifié, les mesures immédiates prises pour juguler les coûts et un carnet de commandes bien garni, relève Baader Helvea dans une note.

Même son de cloche de Vontobel, qui souligne la performance solide en termes de génération de liquidités, en dépit des conditions difficiles. Les deux établissements confirment leur recommandation d'achat du titre.

Les investisseurs ne se sont pas fait prier. A 14H35, la nominative Sulzer s'appréciait encore de 2,4% à 79,625 francs, contrastant avec la moyenne du marché (SPI), qui se délestait de 1,42%. (AWP)





 
 
 
 

AGEFI

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