Huit projets suisses sur le podium de MassChallenge

mercredi, 23.10.2019

La quatrième édition du programme d’accompagnement de Renens touche à sa fin. Douze start-up seront récompensées la semaine prochaine dont huit start-up suisses.

Sophie Marenne

Nevena Shamoska, Michael Born, Karim Nemr & Roxana Porada. Ces quatre employés clés de Dacuda ont créé PXL Vision en mars 2017. Cette start-up est l'une des douze finalistes de la quatrième édition du programme d’encouragement.

Sur la ligne de départ en mai, elles étaient 76 start-up venant de douze pays différents. Dans une semaine, elles ne seront plus que douze à se présenter sur la scène du Swiss Tech Convention Center, lors de la finale du concours MassChallenge.

Après quatre mois d’encadrement et de mentorat au sein de l’accélérateur de Renens, les finalistes se mesureront les uns aux autres une dernière fois, le jeudi 31 octobre. Cette cérémonie désignera les grands gagnants du quatrième programme annuel MassChallenge de Suisse. «Lors de trois journées de sélection en septembre, nos participants ont “pitché” devant, au total, une cinquantaine de jurés qui leur ont donné une note. Ensuite, notre algorithme a classé les start-up sur la base de ces résultats. Les douze meilleures recommandations des juges ont désigné ces lauréats», explique Edouard Treccani, directeur du programme.

Les douze projets finalistes proviennent d’Egypte, du Royaume-Uni, de Slovaquie et de Suisse pour huit d’entre eux. Ils sont actifs dans des secteurs variés avec une légère surreprésentation de la MedTech et de la FoodTech.

A la clé: une enveloppe totale de 500.000 francs qui sera distribuée entre ces différents lauréats. «A ces récompenses en espèces s’ajouteront des prix en nature, c’est-à-dire en heures de services auprès d’un avocat, d’un spécialiste de la propriété intellectuelle ou d’un expert fiduciaire», ajoute-t-il.

Au cours des trois dernières années, MassChallenge Suisse a déjà distribué pour 1,3 million de récompenses aux 21 meilleures start-up participantes, ainsi que plus de 500.000 francs de dons.

La compétition est sponsorisée par de grandes compagnies comme Bühler, Givaudan, Nestlé, Barry Callebaut ainsi que la fondation Inartis. La structure helvétique est une déclinaison d’un réseau global éponyme, l’un des dix plus grands accélérateurs entrepreneuriaux au monde. Les inscriptions pour la cinquième édition du programme seront ouvertes dès janvier.

Artiria Medical vient en aide aux chirurgiens

Naviguer dans les artères des patients à l’aide d’un micro-robot: ce rêve de chirurgien se concrétise grâce à la spin-off de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), Artiria Medical. Le premier produit développé par la jeune entreprise fondée en août 2019 est un guide neurovasculaire permettant d’accélérer les procédures dans le traitement des accidents vasculaires cérébraux (AVC). «Il est né de l’observation du déroulement de neurochirurgies endovasculaires. Il nous a semblé évident qu’il fallait aider les médecins en ajoutant une touche de micro-robotisation aux outils existants afin d’éviter des procédures compliquées et manuelles», raconte Guillaume Petit-Pierre, cofondateur et CEO de la jeune pousse.

Avec cet outil, Artiria vise non seulement à accélérer les méthodes de traitement des patients mais aussi à améliorer le niveau de précision des gestes médicaux et, à terme, à réduire le coût de telles procédures. «Nous travaillons déjà sur notre prochain produit: un traitement novateur permettant de rétablir la perfusion du cerveau après un AVC», révèle son associé Marc Boers, COO. Lauréate du concours Venture 2018, la start-up s’appuie sur une équipe de quatre personnes.

Des résultats prometteurs pour CellSpring

Elle n’en est qu’à ses débuts mais la start-up CellSpring a déjà réussi à développer un test de détection précoce du cancer de la prostate. «Les données des 60 premiers patients sont très prometteuses», se réjouit son CEO, Christopher Millan.

Des statistiques récentes montrent que 39% d'entre nous aurons un cancer un jour. «Or, le facteur numéro un affectant la survie d’un patient est le moment du diagnostic. Notre mission consiste à permettre de découvrir le cancer à un stade précoce, quand il est le plus curable», explique-t-il. Pour ce faire, CellSpring utilise un procédé novateur d’identification de biomarqueurs. «Nous développons des tests sanguins sur la base de ces marqueurs afin de détecter les premières traces du cancer avant même que le patient n’en présente les symptômes.»

Cette méthode est applicable à pratiquement tout type de cancer et CellSpring prévoit de mettre au point des tests pour sept cancers différents d’ici à la fin de 2022. Les prochains objectifs de cette spin-off de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ): lancer une levée de fonds d’amorçage, passer de deux à quatre collaborateurs et élargir ces indications cibles avec les cancers de l’ovaire et du pancréas.

Manger à nouveau avec Emotion Food Company

Spécialisés en sciences et cuisine, les chefs Julien Lerouxel et Gabriel Serero ont développé des solutions maison pour améliorer l’appétence des repas mixés. «Nos recherches ont abouti en 2012 à la création d’Easy-Base, un gélifiant végétal facile à utiliser. La même année nous avons créé Emotion Food Company à Lausanne», raconte ce dernier. Les prémices du projet s’enracinent cependant en amont. En 2007 la mère d’un des fondateurs a subi une opération qui l’a obligée à consommer des repas mixés. En parallèle, ils sont approchés par un groupe de restauration collective. «Dès ce moment, notre objectif a été de redonner l'envie de manger aux personnes atteintes de dysphagie: des troubles de la mastication et de la déglutition», décrit le CEO.

Outre ses fondateurs, l’entreprise compte trois collaborateurs en Suisse et deux en Espagne où la jeune firme dispose d’une filiale, sise à Bilbao, depuis janvier 2019. «Nous sommes implantés dans trois pays – la Suisse, l’Espagne et la France – pour environ 150 structures médico-sociales et hospitalières. Nous comptons investir d’autres marchés tels que ceux de l’Italie, des Etats-Unis et du Royaume-Uni.»

Des dialogues réussis avec Enterprise Bot  

«Attendre l’appel d’un technicien de support est une expérience horrible. C’est de ce constat que Ravina Mutha, Sandeep Jayansankar et moi-même avons fondé notre entreprise», décrit Pranay Jain, CEO d’Enterprise Bot. Cette start-up se déployant entre Zoug et Bangalore, en Inde, conçoit des solutions de chatbot peu coûteuses et efficaces destinées aux grandes entreprises. L’intelligence artificielle de la plateforme est capable de traiter jusqu’à 60% des requêtes reçues, tandis que les autres sont transmises à un agent humain, suite à une analyse des sentiments du client.
Fondée à Londres à la fin de l’année 2016, la jeune pousse a ensuite été acceptée au sein de l’incubateur zurichois F10. «Ça a été un vrai tremplin. En quelques mois, nous avons conclu des contrats avec SIX Group, PwC et Generali. Par conséquent, déménager en Suisse, dès les premières discussions autour du Brexit, a été une décision facile à prendre», indique-t-il. Enterprise Bot emploie déjà 27 personnes à travers le globe et sert douze grandes entreprises, ce qui représente plus de 50 millions d’utilisateurs finaux.

Une viande sans cruauté grâce à Planted

Manger une viande savoureuse, sans cruauté envers les animaux, est possible avec le «poulet» de la start-up zurichoise Planted. Grâce à une recette à base de pois, elle reproduit à merveille la texture et le goût de la chair animale. «Nous cherchons à répondre à la demande croissante en protéines durables avec des aliments à base de plantes», déclare le cofondateur, Pascal Bieri.

Spin-off de l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), l’entreprise est issue de près de deux ans de recherches. Elle a commercialisé son premier succédané de viande  à la fin du printemps 2019. «Il est composé d’ingrédients entièrement naturels: protéines et fibres de pois, huile de tournesol et eau. Rien d'autre.» Il présente des atouts nutritionnels supérieurs au produit carné qui l’a inspiré: plus de protéines, plus de fibres et aucun antibiotique.

Aujourd’hui, ce poulet végétal est servi dans 30 restaurants sur le territoire helvétique. La jeune pousse emploie 13 collaborateurs et 26 assistants de production à temps partiel. Elle cherche maintenant à augmenter sa production et étendre ses activités au-delà des frontières.

PXL Vision offre l’identification en toute sécurité

Sunrise, Salt, UPC et l’éditeur de Swiss ID SwissSign Group: autant de clients prestigieux font déjà confiance à la start-up PXL Vision. Si elle est née en 2017, cette jeune entreprise a presque tout d’une grande puisqu’elle a été fondée par des anciens employés de Dacuda, vendue à la licorne américaine Magic Leap. «Notre premier produit a été lancé avec Sunrise la même année», raconte Michael Born, cofondateur et CEO de ce spin-off de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ)
Produit phare de PXL Vision, Daego est un portail technologique de vérification d'identité numérique. Cette solution est double, reposant sur l’enregistrement biométrique d’une vidéo du visage et le scan d’une pièce d’identité. «Nous aidons nos clients à intégrer les leurs de manière plus efficace et économique ainsi qu’à réduire leur taux de fraudes. Globalement, nous contribuons à accroître la confiance dans les interactions numériques», précise-t-il. L’effectif de 30 collaborateurs de la jeune firme se déploie entre Zurich, Novi Sad en Serbie et Erevan en Arménie.

Silencions réduit la pollution sonore

La structure acoustique de la nouvelle génération: voilà ce que propose Silencions, jeune entreprise installée entre Zurich et Wroclaw, en Pologne. «Notre solution est polyvalente, fine et légère. Surtout, elle peut être mise en œuvre sur une large gamme de matériaux», décrit Adam Kurpisz, l’un des quatre fondateurs de la société.

Ses solutions pour structure de matériaux réduisent considérablement les émissions sonores. Ainsi, l’entreprise aspire à supprimer les vibrations et le bruit dans des industries telles que l'aérospatial, l'automobile, les équipements de construction ou encore les articles ménagers. «Nous avons attiré des compagnies de renom parmi notre clientèle, y compris des marques comme IKEA Industry et KGHM, la plus grande entreprise d'extraction d'argent au monde. Avec notre nouvelle approche de la conception des matériaux acoustiques, nous avons pour mission de ramener le silence dans le quotidien des gens», dit-il.

Dès janvier 2020, Silencions devrait bénéficier d’une bourse de recherche et développement Fast Track to Innovation, à hauteur de deux millions. De quoi faire grandir l’équipe, se doter de machines et de développer la technologiespar rapport aux besoins de la clientèle.

Les cours de musique prennent vie avec Tomplay

Plus de 400.000 musiciens de 60 pays utilisent déjà Tomplay, application de la société éponyme d’une taille de 18 employés installée à Pully. «Il y a maintenant cinq ans, nous avons imaginé ces partitions interactives avec mon père, Thomas Steinmann», se souvient Alexis Steinmann, le jeune entrepreneur derrière le projet. Résultat: Tomplay est un outil unique qui permet à tous les musiciens – indépendamment de leur niveau et leur instrument – de jouer chez eux accompagnés par des professionnels. «Comme dans une salle de concert car chaque partition est synchronisée avec un enregistrement audio réalisé par nos soins», commente-t-il. Ainsi, un pianiste peut jouer un concerto de Mozart accompagné par l’orchestre ou un batteur se lancer dans Highway to Hell avec le reste du groupe.

Dernièrement, la jeune pousse a lancé un nouveau produit TomSoflège, méthode interactive développée en collaboration avec Angelo Lombardo, doyen au conservatoire de Lausanne. Elle est déjà utilisée par plus de 3.000 élèves et professeurs en Suisse romande. A l’avenir, l’entrepreneur souhaite poursuivre le développement de sa société à l’international, notamment sur les marchés asiatiques de Chine, Japon et Corée, où le potentiel de croissance est énorme.





 
 
 
 

AGEFI

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