Apprendre de nos erreurs

dimanche, 28.06.2020

La lutte contre la pandémie a produit des dégâts économiques considérables, à peine prévus par le plan anti-Influenza. L'édito de Frédéric Lelièvre.

Frédéric Lelièvre

Frédéric Lelièvre, rédacteur en chef de l'Agefi.

La Suisse avait prévu la pandémie. Depuis 2018, un plan d’action est prêt. Communication à la population, règles d’hygiène, fermeture des écoles... Sur le papier, rien ne manquait. Si les stocks de masques n’avaient pas fait défaut, d’aucuns auraient même pu parler d’un sans-faute. Un sans-faute sanitaire, mais pas économique.

La lutte contre la pandémie a sans nul doute sauvé des vies et, plus important encore, évité la saturation du système hospitalier. Elle a cependant produit des dégâts économiques considérables, à peine prévus par le plan anti-Influenza.

Les mesures sanitaires n’ont pas frappé toute l’économie aveuglément. Certains secteurs ont subi un arrêt cardiaque quand d’autres ont pu continuer à vivre presque normalement. Les coûts entre générations ont eux aussi été inégaux. Nombre d’actifs ont subi le chômage partiel alors que les rentes ont continué d’être versées aux pensionnés. Ces derniers, qui appartiennent à la catégorie la plus à risque, ont pourtant bénéficié le plus des mesures sanitaires.

On le comprend, la crise du coronavirus pose de nombreuses questions de justice et d’éthique, qui peuvent être éclairées par les économistes. Ces derniers réfléchissent en termes d’arbitrage, d’analyse coût-bénéfice, de gestion de la rareté. Autant d’outils utiles à la prise de décision, difficile lorsque l’on souhaite sauver des vies à tout prix mais que les ressources ne sont en réalité pas infinies. Il est heureux de voir ces derniers mois les économistes travailler de manière inédite pour évaluer les mesures les plus efficaces au plan sanitaire et les moins dommageables au plan économique. La Suisse prend d’ailleurs une part active à cet effort mondial.

Alors que les derniers chiffres montrent une remontée des cas, mais ni des hospitalisations ni des décès, une deuxième vague de contamination n’est pas à exclure. En revanche, mieux informés, les politiques pourront agir différemment. Un confinement sélectif, limité aux populations à risque, apparaît par exemple comme une réponse plus efficace.

>>Lire aussi: Coronavirus: les analyses coût-bénéfice plaident pour des mesures ciblées





 
 
 
 

AGEFI

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