Feu vert de la Comco à la reprise de Sunrise par Liberty Global

vendredi, 30.10.2020

La Commission de la concurrence (Comco) a donné son aval au rachat de Sunrise par Liberty Global, le propriétaire du câblo-opérateur zurichois UPC Suisse.

Sunrise salue la décision de la Comco concernant une transaction qui donnera naissance à un concurrent de poids sur le marché suisse des télécommunications.(Keystone)

Après un nouvel examen de la situation de marché consécutif au rachat avorté d'UPC Suisse par Sunrise, la Comco constate vendredi dans son communiqué qu'"il n'existe pas de risque d'une élimination de la concurrence effective sur le marché suisse des télécommunications". Sunrise n'a pas manqué de saluer la décision concernant une transaction qui donnera naissance à un concurrent de poids.

L'approbation des gardiens de la concurrence n'est soumise à aucune condition, ceux-ci doutant que le futur numéro deux suisse des télécoms se coordonne avec le leader du secteur Swisscom.

UPC Suisse, qui a annoncé le 12 août l'acquisition de son concurrent Sunrise, détient désormais 96,48% du capital-actions et des droits de vote de sa cible, selon le résultat provisoire final présenté jeudi. L'annonce définitive concernant l'opération doit intervenir mardi prochain.

Sunrise et UPC pourraient alors dans la foulée dévoiler de manière plus détaillée les contours de l'union des deux groupes, dont notamment ses conséquences en matière d'emploi ou encore le nom de la nouvelle société et l'identité de ses dirigeants.

UPC Suisse avait proposé 110 francs nets en numéraire par action Sunrise. Le prix offert représente une prime de 32% par rapport au cours moyen pondéré des 60 derniers jours de négoce ayant précédé l'annonce de rachat, soit 83,17 francs. L'offre de Liberty Global valorise le deuxième opérateur helvétique à 6,8 milliards de francs.

Décotation prévue

Alors que l'opération a désormais franchi quasiment toutes les étapes en vue de sa réalisation, Sunrise tiendra une assemblée générale extraordinaire le 9 novembre avec comme objectif l'élection des représentants de Liberty Global au conseil d'administration, condition préalable à l'offre publique d'achat d'UPC Suisse. Les futurs ex-propriétaires de l'opérateur zurichois devront en outre décider de la radiation des actions de la cotation à la Bourse suisse, même si Lberty Global s'est réservé l'option de réintroduire la future entité fusionnée en Bourse.Sunrise et UPC Suisse affichent des revenus cumulés de 3,1 milliards de francs, et servent ensemble quelque 2,1 millions de clients dans la téléphonie mobile. Avec 1,2 million d'abonnés à leurs services d'accès à internet et de 1,3 million pour la télévision numérique, les deux partenaires détiennent un part de marché de près de 30% dans ces deux activités.A la faveur de cette union, Sunrise étoffe son propre réseau fixe avec celui d'UPC Suisse, alors que ce dernier obtient l'accès à celui de de son concurrent et voisin dans les télécommunications mobiles.L'offre de Liberty Global a ressuscité le projet d'un premier rapprochement abandonné en fin d'année. Sunrise s'était en effet heurté de manière rédhibitoire à la réticence de ses actionnaires, à commencer par Freenet, qui jugeaient notamment trop élevés les 6,3 milliards de francs placés sur la table. L'opération avait pourtant déjà obtenu un feu vert inconditionnel de la Comco. Sunrise avait dû alors s'acquitter d'une pénalité de rupture de 50 millions.Le numéro deux helvétique des télécoms est né en 1996 sous le nom de Newtelco, fruit d'un partenariat entre les CFF, l'Union de Banques Suisses (future UBS), et Migros, auxquels sont venus s'ajouter l'opérateur danois Tele Danemark ainsi que son homologue britannique British Telecom dans le contexte de la libéralisation du marché suisse des télécommunications. Ayant pris le nom de Sunrise en 1998, la firme zurichoise a fusionné fin 2000 avec Diax, compagnie contrôlée par les principaux groupes d'électricités suisses, sous la houlette de Tele Danemark (TDC).Sunrise avait tenté en 2009 de fusionner avec Orange, nom que portait alors l'actuel Salt. Mais l'opération, en fait le rachat par France Télécom des trois quarts des parts détenues par TDC dans Sunrise, avait à la surprise générale échoué après le veto de la Comco. En septembre 2010, TDC avait vendu Sunrise au fonds britannique CVC Capital Partners (CVC), qui initiera l'entrée en Bourse de l'opérateur début 2015.(AWP)

 

 





 
 
 
 

AGEFI

Rafraîchir cache: Ctrl+F5 ou Wiki




...