Parloca investit dans le patrimoine bâti existant dans le canton de Fribourg

jeudi, 01.08.2019

Immobilier. A Bulle, la fondation a préféré rénover plutôt que d’acheter un des nombreux nouveaux bâtiments qui sortent de terre.

Maude Bonvin

L’immeuble rénové par l’architecte fribourgeois

En plein centre-ville de Bulle, un immeuble flambant neuf vert et gris. La construction bat son plein dans le chef-lieu gruyérien. Sauf qu’il s’agit ici d’une rénovation et non d’un nouveau bâtiment. Coût du lifting: cinq millions de francs. «Si nous n’avions rien fait, ces appartements n’auraient plus pu être mis sur le marché. Ils tombaient en décrépitude», avoue André Magne, président de la section fribourgeoise de la fondation immobilière Parloca. 

La structure s’est donné pour mission de préserver et de faire vivre le patrimoine bâti existant, tout en proposant des loyers modérés. Fondée en 1998, l’aile fribourgeoise de l’organisme dispose aujourd’hui de 24 immeubles locatifs, représentant 351 logements. «Nous possédons aussi treize dépôts et 394 places de parcs», précise son président.

Parloca est aussi actif dans les cantons du Tessin, de Vaud et de Genève. 

Le revenu locatif annuel de l’organisme fribourgeois sans but lucratif ni commercial atteint cinq millions de francs. Le coût de l’entretien courant des immeubles se chiffre, lui, à un million par an. Le conseil de fondation est composé de cinq membres, tous bénévoles. «Nous sommes juste défrayés pour nos déplacements. J’effectue un certain nombre de trajets par année pour aller voir les gérances notamment», indique le Sarinois. 

A l’origine de la démarche? Dix investisseurs à hauteur de 10.000 francs chacun. «Ce montant n’est pas énorme. Les taux hypothécaires bas nous ont toutefois permis d’acquérir de nouveaux logements», poursuit André Magne. L’idée de départ était que les locataires soient des partenaires, comme dans les coopératives d’habitation. Mais la mayonnaise n’a pas pris. 

Un manque à gagner 

A Bulle, les locataires n’ont pas dû déménager durant les travaux de rénovation. «Notre but n’est pas de mettre dehors les gens», s’exclame le Fribourgeois. Toiture, fenêtres, isolation: tout a été revu. La construction dispose également de panneaux solaires. L’intérieur des appartements a aussi été modernisé et un deuxième ascenseur installé. 

Les locataires s’acquitteront d’un loyer un peu plus élevé, suite à ce lifting complet. La hausse se chiffre à 200 francs par mois. Comptez entre 800 et 1000 francs par mois pour un trois pièces, alors que pour ce type de biens le marché bullois se situe plutôt entre 1500 et 2000 francs mensuels. 

Certains logements proposés par Parloca peuvent être subventionnés. Lorsque le subventionnement cesse, le loyer est légèrement adapté à la hausse. «Le reste constitue un manque à gagner pour Parloca», ajoute le jeune retraité.

Son but est de maintenir les loyers le plus bas possible, tout en gardant la fondation saine financièrement. Des finances saines lui permettent alors d’investir dans les rénovations ou l’acquisition d’immeubles anciens. 

La structure a ainsi acheté récemment un immeuble familial à Fribourg. «La seule condition des vendeurs était que la mère puisse demeurer dans son appartement de cinq pièces, situé tout en haut du bâtiment. Nous l’avons acceptée et convenu d’un loyer modéré pour elle.»

André Magne a repris la présidence de l’organisme tout récemment, une fois à la retraite. Il a œuvré, durant quarante ans, dans le secteur de l’immobilier. Concernant le marché fribourgeois, il observe un tassement dans le domaine locatif. «Il y a eu beaucoup de nouvelles constructions, ce qui fait que le nombre d’appartements vacants augmente et les loyers baissent», analyse-t-il. Sur le front de la propriété du logement, les caisses de pensions réalisent, néanmoins, toujours de bons placements, du fait du manque d’attractivité des autres formes d’investissement. Quant à l’acquisition d’une villa ou d’un appartement en PPE par les particuliers, les prix reculent. «Il y a quelques années, les prix sont montés très rapidement. Nous assistons maintenant à une correction du marché. Je n’entrevois pas de bulle immobilière. J’ai vécu la crise immobilière des années 90 et je peux vous dire qu’on en est loin», estime l’habitant de Corpataux. Et d’ajouter qu’il est logique de se retrouver avec des espaces vides sur les bras, quand on construit 30 appartements dans un village de 400 habitants.





 
 
 
 

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