«145 millions de jeunes vivent dans l’extrême pauvreté»

lundi, 09.12.2019

Dans des situations de crises humanitaires ou au sein de contextes en développement, les jeunes et adolescents se retrouvent dans les groupes les plus vulnérables.

Sofyen Khalfaoui*

La valorisation de leurs compétences et force vive peut cependant agir comme moteur de changement pour l’ensemble de leur communauté.

Une population vulnérable lors des crises migratoires

En un siècle d’expérience au service des enfants et des jeunes dans plus de 120 pays, Save the Children place les programmes jeunesse au cœur de ses priorités dans des contextes humanitaires et fragiles. Aujourd’hui, 89% des 1,2 milliard d’adolescents âgés de 10 à 19 ans sont établis dans des pays en développement, alors que 145 millions d’entre eux vivent en situation d’extrême pauvreté. De plus, en comparaison avec les adultes, les adolescents sont d’autant plus affectés par les conflits, catastrophes naturelles et manque d’accès à des sources de revenus. En tant que survivants des crises humanitaires ou migratoires, les adolescents peuvent se retrouver pris au piège du trafic humain, de l’exploitation ou du manque d’accès à toute forme d’éducation.  

Donner accès au marché de l’emploi

Afin de répondre à certaines de ces problématiques, Save the Children a mis en place un programme d’accès au marché de l’emploi pour les jeunes frappés par les conséquences du typhon «Haiyan» aux Philippines. Ce cas précis nous rappelle l’importance de placer les jeunes comme bénéficiaires principaux des réponses humanitaires, car ils se font directement acteurs de changement – dans l’immédiateté d’une crise et pour des perspectives nationales de long-terme. L’approche de Save the Children a été ici de travailler étroitement avec les écoles professionnelles existantes et formant les jeunes aux métiers du service, de la restauration, des technologies de l’information et à l’entrepreneuriat. Ces établissements ont tout d’abord été équipés de l’infrastructure nécessaire à l’apprentissage optimal des jeunes élèves. Le programme scolaire, ainsi que la certification associée, ont été définis en rapport direct avec les exigences du marché local de l’emploi.  

Un accent sur l’acquisition des soft skills

Aussi, ce programme a placé un accent particulier sur l’apprentissage des soft skills requises à l’employabilité des jeunes dans leur futur secteur d’activité. Au-delà des traditionnelles sessions se focalisant sur la rédaction d’un CV ou la pratique d’un entretien d’emploi, des modules se sont davantage concentrés sur les compétences de communication interpersonnelle, sur le développement d’un esprit critique dans le monde professionnel, sur la gestion du temps et des ressources, tout en abordant les questions d’empathie et de résolution des conflits au sein d’une équipe. Ces composantes du programme répondent aux attentes identifiées chez un grand nombre d’employeurs – aux Philippines et de par le monde – quant aux compétences professionnelles aujourd’hui attendues chez les 18-25 ans. Ce programme a également accompagné les jeunes dans la recherche du système de protection sociale le plus à même d’assurer la pérennité de leurs actions professionnelles. 

Au Rwanda, encourager les initiatives locales des jeunes

Pour répondre aux besoins de la jeunesse dans un contexte de déplacement, Save the Children a mis en œuvre un programme pilote au Rwanda, «Project Humanity», au bénéfice de jeunes réfugiés burundais. Construit sur la base des quatre principes humanitaires (indépendance, impartialité, neutralité et humanité), le projet a permis d’établir des voies de dialogue entre les jeunes rwandais et burundais, tout en encourageant le développement d’initiatives locales au service des communautés locales et réfugiées. Afin de traduire par des actions concrètes les principes de «neutralité» et d’«humanité» par exemple, les jeunes réfugiées burundais ont mené différentes campagnes de sensibilisation sur leur parcours de vie dans les écoles locales. Ils mirent sur pied des activités artistiques et sportives afin de favoriser la cohésion sociale dans leur proche environnement. Dans ce contexte humanitaire, «Project Humanity» devint alors une source importante d’inspiration pour les jeunes burundais et rwandais, tant il leur permettait de reprendre confiance en eux, de retrouver une place dans leur communauté d’accueil et de les réengager sur une voie éducative.

*Head Protection, Save the Children





 
 
 
 

AGEFI

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