La lutte contre le plastique remporte l'édition 2020 de MassChallenge

jeudi, 29.10.2020

Avec une incubation entièrement numérique vu les circonstances, l’édition 2020 du programme entrepreneurial de Renens MassChallenge a fait preuve d’efficacité. Mais elle a manqué de spontanéité.

Sophie Marenne

Samantha Anderson, fondatrice de la start-up valaisanne DePoly qui a mis au point une méthode de recyclage chimique du PET, lors de la remise de prix de jeudi soir. Son projet est arrivé sur la deuxième marche du podium 2020 de MassChallenge.

Les emballages biodégradables à base de sable de l’entreprise britannique SGMA ont remporté la finale du concours MassChallenge, ce jeudi soir. La CEO, Fanya Ismail, s’est vu remettre un chèque de 150.000 francs lors d’une cérémonie en ligne suivie par plus de 400 personnes. Sur les deuxième et troisième marches du podium, deux autres projets d’alternatives au plastique: la méthode de recyclage chimique du PET de la start-up suisse DePoly et les microbilles en cellulose naturelle de la jeune firme britannique Naturbeads.

La toute première édition complètement en ligne de MassChallenge est terminée. En juin, 89 jeunes entreprises étaient sur la ligne de départ. Au total, douze lauréats ont été récompensés. «Sept parmi ces finalistes sont des femmes, alors qu’il n’y en avait qu’une dans la cohorte de l’an dernier», se réjouit Matt Lashmar, directeur de l’accélérateur de Renens.

Plus efficace et plus ciblé

Ces quatre mois ont été le théâtre de 1081 rencontres entre entrepreneurs et mentors, 192 réunions avec des investisseurs et 188 échanges avec de grandes compagnies. «La plupart des interactions que nous mettons en place dans nos bureaux ont été reproduites sur Zoom. C’était compliqué mais pas autant qu’il n’y paraît», commente Matt Lashmar.

Celui qui dirige le programme depuis un an et demi a même trouvé plusieurs avantages à la situation. «Cette cinquième édition a demandé un bel effort de coordination. Mais le résultat a été plus efficace, moins cher et meilleur pour l’environnement», souligne-t-il. Un exemple parmi d’autres: la phase de sélection des candidats qui rassemble généralement 250 juges et 250 start-up du monde entier dans les locaux vaudois, en l’espace de quelques jours. «La faire en ligne a permis d’épargner à tous les coûts et le temps de déplacement, ainsi qu’une belle quantité de carbone.» Autre atout de l’incubation en ligne: MassChallenge a attiré des start-up d’encore plus loin. «L’accélérateur virtuel a abattu des barrières physiques avec des participants des Etats-Unis», note le directeur.

Selon Matt Lashmar, la version numérique du programme a drainé un intérêt soutenu de la part des participants. Les cours et ateliers ont ainsi été suivis par «jusqu’à deux fois plus de personnes que d’habitude», assure-t-il. Cet avis est partagé par les lauréats. Damien Loterie, CEO de Readily3D qui développe des bio-imprimantes témoigne: «Finalement, c'était plutôt efficace de ne pas avoir à se déplacer pour chaque rendez-vous. Et les entretiens étaient plus ciblés. Nous avons pu facilement obtenir des rendez-vous virtuels. Il semble que le confinement ait facilité ces premiers contacts.»

Manque de facteur humain 

Un inconvénient n’a cependant pas pu être pallié: l’absence d’interactions entre les entrepreneurs, «celles qui naissent près de la machine à café ou lors d’une soirée de networking», décrit Matt Lashmar. Cette carence a marqué l’expérience des participants. «Difficile de susciter les interactions spontanées qui ont lieu quand on partage un bureau», juge Luc Henry, CEO de Limula qui cherche à produire des thérapies cellulaires personnalisées.

Si la compétition devait se répéter de façon dématérialisée, il lui faudrait travailler sur ce volet des rencontres spontanées. Mais le directeur espère qu’au printemps prochain, l’édition 2021 pourra réintégrer les locaux des Ateliers. «Tout en offrant de nombreuses options pour ceux qui voudraient nous rejoindre en ligne», précise-t-il. 

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AGEFI

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