La Swiss Startup Association renaît

vendredi, 31.07.2020

Après quelques années de silence, la structure porte-parole des start-up suisses veut se réveiller. Pour renforcer son équipe et son conseil d’administration, elle lorgne la Suisse romande et italienne, ainsi que les entrepreneures.

Sophie Marenne

Urs Haeusler, Raphael Tobler, Simon Furer et Gregory Inauen remettent en route la machine de la Swiss Startup Association.

La Swiss Startup Association (SSA) n’est pas un nouvel organisme en tant que tel, mais juillet 2020 marque un nouveau départ, espère-t-elle. Ce projet, lancé en 2015 vise à la fois à représenter l’écosystème des jeunes pousses du territoire et placer la Suisse en «pole position» de l’entrepreneuriat européen. L’équipe, les objectifs et les soutiens: tout a été revu, a annoncé la SSA ce jeudi. Une renaissance pour cette organisation à but non lucratif, pilotée par Raphael Tobler, fondateur et CEO de la start-up Eduwo et président de l’Entrepreneur Club de Winterthour. Il répond aux questions de L’Agefi.

Si la SSA existe depuis cinq ans, pourquoi son existence a-t-elle été si confidentielle jusqu’ici?

A l’époque, l'administration fiscale du canton de Zurich avait décidé, presque du jour au lendemain, de taxer des start-up d’un impôt sur la première levée de fonds. L’impact de cette régulation aurait pesé lourdement sur les finances des jeunes sociétés. Lutter contre ce projet a été le principal moteur de la fondation de la SSA. Cet objectif a été couronné de succès en l’espace de quelques mois. Ensuite les activités de l'association ont ralenti: elle agissait en tant que structure de conseils, mais plutôt en coulisse.

Au plus fort de la pandémie de coronavirus, nous autres, entrepreneurs, avons constaté que les start-up manquaient de soutien. Or, la SSA était en veille. Nous avons donc décidé de prendre le relais: de la faire revivre et d’en faire une véritable faitière.

Au total, notre équipe compte quinze collaborateurs à temps partiel et volontaires. Aux mannettes: l’entrepreneur en série Urs Haeusler, ancien CEO de Start Global et fondateur originel de la SSA, Gregory Inauen de la fondation EuroTube, Simon Furer de Syngenta et moi-même.

Des personnalités connues de la scène entrepreneuriale suisse composent notre conseil d’administration, comme Cornelia Gut Villa, Adrian Locher ou Gerhard Andrey. Nous aimerions y attirer d’autres spécialistes, tout particulièrement des Romands et des Tessinois. Nous ciblons aussi des profils féminins ambitieux. L’«empowerment» des femmes par l’entrepreneuriat sera une thématique centrale pour la SSA., aux côtés de sujets comme l’éducation à l’entrepreneuriat et l’augmentation du nombre de business angels sur le territoire.

Comment vous financerez-vous?

Nous avons reçu le soutien d’acteurs privés du milieu tels que des firmes de droit. Nous ne sommes pas encore soutenus officiellement par le gouvernement mais nous avons bon espoir... Nous avons été en contact avec le Conseiller fédéral, Guy Parmelin, qui s’est dit «heureux de pouvoir compter à l'avenir sur un partenaire compétent comme la SSA». En outre, nos membres paieront une cotisation annuelle.

N’est-ce pas présomptueux de demander une participation à de très jeunes sociétés?

Nous avons différents modèles d’adhésion. Les start-up composent l’effectif de nos membres actifs: elles se verront décerner une voix et leur inscription est gratuite. Si elles le désirent, elles peuvent passer «premium», ce qui leur coûte 200 francs annuels et leur accorde énormément d’avantages: des services juridiques, l’accès à des bases de données ou encore des réductions pour certains produits. Pour les membres institutionnels comme les cantons ou les universités, les frais sont un peu plus élevés.

Nous avons relancé nos activités il y a seulement quelques semaines et nous avons déjà 50 membres. Nous visons les 500 membres avant la fin de l’année et, au minimum, 1000 membres comme contingent de croisière. En sachant qu’il y a 4000 à 5000 start-up sur le territoire helvétique.





 
 
 
 

AGEFI

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