Clap de fin pour neuf semaines de code à Renens

mercredi, 05.06.2019

A l’école le Wagon, à l’UniverCité, la première promotion a vu des débutants devenir développeurs web.

Installé au sein des Ateliers de Renens, le Wagon bénéficie de synergies évidentes avec ses dynamiques voisins.

«Apprendre à coder pour changer de vie.» Ce slogan percutant est celui du Wagon, un réseau international d’écoles de programmation. Se déployant à travers 35 villes – de Bali à Casablanca en passant par Copenhague, São Paulo et Paris où se trouve son siège – cet écosystème promet d’apprendre le développement web aux novices, en neuf semaines seulement. Il a ouvert une franchise en Suisse en janvier. Cette première déclinaison s’est implantée à Lausanne. «Ce lieu d’innovations est un terreau fertile pour notre Coding Bootcamp», déclare Thibault Jaime, directeur général du Wagon lausannois. «La ville présente aussi l’avantage d’être située au centre de la Suisse romande. Résultat: nos élèves viennent depuis le Valais, Neuchâtel et Genève. Jusqu’alors, nos pôles les plus proches étaient ceux de Lyon et de Milan.»

Profiter d’un biotope tech

Lausanne? Pas exactement. L’école est installée dans le district de l'Ouest lausannois, à Renens, au cœur de l’espace communautaire UniverCité qui abrite non seulement l’accélérateur de start-up MassChallenge mais aussi un atelier et un bureau de coworking; le tout, piloté par la fondation de promotion de l’innovation Inartis.

L’équipe des cinq professeurs du Wagon avait précédemment posé ses ordinateurs dans l’espace de coworking Gotham du Flon pour accueillir une première volée de participants. «Nous y avons été choyés. C’est un endroit formidable mais il lui manquait la vibration des start-up à leurs prémices», commente Thibault Jaime. Grâce à sa rencontre avec Juliette Lemaignen, partenaire au sein de la fondation Inartis, la structure a déménagé en avril dernier pour l’espace UniverCité, davantage marqué par l’esprit d’entreprendre. «Cela faisait plusieurs mois que nous réfléchissions à créer notre propre école de code afin de fournir aux entrepreneurs curieux de technologie de notre réseau les mécanismes nécessaires pour bien appréhender leurs développements. Quand nous avons appris que le Wagon s’installait à Lausanne, nous avons immédiatement souhaité conclure un partenariat avec cette institution de renom», explique cette dernière.

Dernière ligne droite

Ce vendredi, c’est donc la deuxième classe lausannoise mais la première renanaise qui célébrera la fin de son cursus lors d’un Démo Day ouvert au public. Cette poignée d’élèves, totalement néophytes en la matière il y a quelques semaines, y présenteront deux prototypes d’application fonctionnelle conçus en groupe: d’un côté, une plateforme de diminution de l’impact carbone lors de voyages et, de l’autre, une application de gestion de vie en collocation. Curieux, proches, investisseurs, membres de la communauté du Wagon: une quarantaine de personnes sont attendues lors de cet évènement.

Depuis sa création en 2013, le Wagon a déjà formé près de 5000 alumni à travers le globe et une centaine de projets, qui y ont été élaborés, se sont mués en start-up. En Suisse, une quinzaine d’étudiants seulement s’y sont déjà frottés. Un chiffre dans la norme, selon Thibault Jaime, car l‘école doit encore y asseoir sa notoriété. Les classes, de moins de dix élèves actuellement, seront de plus en plus grandes au fil des mois pour atteindre jusqu’à vingt personnes.

Par ailleurs, la structure a développé d’autres activités: des rendez-vous hebdomadaires gratuits pour dédramatiser le code ainsi que des formations en écoles et en entreprises. Certaines ont ainsi été données au SAWI, l’école de marketing, vente et communication, ou aux Transports publics lausannois (TL).

Un public hybride

Les prochains cursus démarreront en juillet, puis en octobre. Le public ciblé: les entrepreneurs qui veulent concevoir un prototype viable pour lancer leur start-up; les personnes en reconversion professionnelle; les étudiants qui recherchent un enseignement plus pratique et les créatifs, comme les graphistes, qui veulent ajouter une corde à leur arc. «A Lausanne, nos élèves ont de 17 à 38 ans. Nous avons aussi la chance de toucher presque autant de femmes que d’hommes», indique-t-il.

Au vu de l’investissement non seulement en argent – 7500 francs – mais aussi en temps – neuf semaines – le taux d’échec est assez bas. «Rater le Coding Bootcamp du Wagon est vraiment rare. D’abord car la méthodologie est excellente et adaptée tous les trois mois, notamment au regard des nouvelles technologies. Ensuite, cette formation est souvent payée de la poche de l’étudiant. Une preuve de sa motivation. De plus, nous appliquons un filtre à l’entrée en demandant aux candidats de suivre quelques modules en ligne, ce qui témoigne de leur sérieux.»

Le responsable de la franchise helvétique est lui-même passé par les bancs du Wagon, au cours de l’été 2017. A l’époque, il était conseiller en stratégie digitale. Il a suivi cette formation à Paris dans le but de donner de meilleurs conseils marketing et de mieux communiquer avec les développeurs. «Sur place, je me suis pris au jeu. J’ai approfondi mes connaissances puis je suis devenu développeur junior pour une start-up.» Convaincu autant par le sujet que par la méthodologie et désirant emménager à Lausanne, il a porté l’initiative de la licence suisse. Selon cet ingénieur de formation, apprendre le code avec le Wagon: c’est l’avenir. «D’abord, car tous les métiers se digitalisent, de la communication à la gestion de projet. Ensuite, parce que le format proposé par cet organisme représente le futur de l’éducation: il se donne en une période réduite mais intensive, ce qui permet à l’élève de franchir un grand palier en peu de temps.» Bien avant d’autres déclinaisons romandes, il prédit que la prochaine étape pour le Wagon, en Suisse, sera Zurich ou Bâle.





 
 
 
 

AGEFI

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