Visium: un trésor suisse d’ingéniosité en IA

mardi, 07.01.2020

Xavier Comtesse*

Xavier Comtesse.

Depuis quelques années, les start-ups en intelligence artificielle sont à la mode. Il faut dire qu’elles sont capables d’exploits inouïs dans des domaines aussi variés que les véhicules autonomes, les drones, l’industrie 4.0, la médecine de précision, la fintech ou encore l’agriculture. Rien ne semble leur échapper.

Rencontre avec l’une d’elle en suisse romande: Visium. Peut-être la plus prometteuse d’entre toutes! Ces fondateurs, Alen Arslanagic et Timon Zimmermann sont jeunes, brillants, de fière allure, la parole aisée et l’intelligence en éveil. Depuis 18 mois, ils ont fait grandir rapidement leur entreprise (Visium). Aujourd’hui celle-ci compte 30 collègues – tous universitaires EPFL, ETH, Royal College, etc, etc. – ils forment une équipe authentiquement redoutable. L’IA, c’est leur champ d’investigation et ce n’est pas une sinécure, tant il y a de choses à faire.

Ecoutons un instant Alen: «Imaginez-vous que dès lors que j’amasse une grande quantité de données alors je crée les conditions pour une exploitation de celle-ci par l’IA. Tout ou presque peut donc être interprété par les machines de l’IA. Regardez plutôt: je branche des caméras, des micros, ou des capteurs et hop! c’est parti... j’ai un flot immense de données qui arrivent et que je vais pouvoir traiter en temps réel avec des algorithmes. L’IA c’est cela. Des algorithmes qui traitent des grandes quantités de données et qui vont extraire de celles-ci du sens, beaucoup de sens souvent ignoré».

En d’autres termes, on va chercher des solutions à des problèmes en «écoutant» les données. On parle alors de «data driven society». Citons un exemple provenant des expériences de VISIUM. Si je mets suffisamment de micro dans une ville, je peux entendre les incidents genre accidents, incendies, actions terroristes, etc. Fascinant... Mais bien sûr, je peux aussi utiliser l’IA pour d’autres activités humaines comme en médecine (radiologie, dermatologie, etc.), en finance (reconnaissance de faux, etc.), en assurance, en recherche, etc. Il n’y a pas vraiment de limites.»

Nestlé écoute ses machines de production

Avec le même principe de l’écoute des «données sons» on peut imaginer écouter le bruit qu’émet une machine. Vous vous souvenez c’est ce que faisait le garagiste – dans le temps – pour détecter un problème de moteur quand vous ameniez votre voiture à réparer. Le bruit d’une machine défectueuse se reconnaît entre mille. C’est cela le principe. Donc si je suis capable de faire apprendre à une IA les bruits de machines en production alors je suis aussi capable de lui apprendre les bruits des pannes ou même des bruits précédents les pannes.

Un tel système intelligent permettrait d’avoir une maintenance fine d’un parc de production industriel. C’est exactement ce qu’a fait l’équipe de l’entreprise Visium et en moins de 18 mois, ils ont fabriqué un dispositif d’écoute et programmé une intelligence artificielle. Cela marche pour Nestlé (leur premier client dans ce type d’application). Autant dire que les perspectives sont immenses: il y a tant d’usine dans le monde qui ont besoin de système de maintenance prédictive.

L’intelligence artificielle est un véritable «game-changer». Pour Visium l’avenir est très prometteur. Pourvu que l’entreprise garde son indépendance et reste en Suisse!

* Manufacture Thinking





 
 
 

AGEFI

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