Une voiture électrique? Ni oui, ni non, bien au contraire

lundi, 04.11.2019

Nicolas Leuba*

A l’heure où je suis prêt à faire un pas vers une mobilité éco-consciente, soit en recevant prochainement les clés de mon premier véhicule tout électrique, je me trouve confronté à deux articles de presse diamétralement opposé à ce propos, l’un titrant «Il est temps de passer à l’électrique», le second titrant «Plusieurs déconfitures font pâlir la révolution électrique». Ce dernier en affirmant de surcroît que les moteurs à essence ou diesel maintiendront leur «hégémonie» dans les années à venir...

Que penser finalement de tout cela? Tout d’abord, en tant que président de l’une des plus importantes sections de l’Union Professionnelle Suisse de l’Automobile, je peux affirmer que ces deux positions ne sont finalement pas aussi contradictoires qu’elles en ont l’air. En effet, il est important de rappeler que les constructeurs automobiles ne sont pas à l’origine du virage électrique, mais qu’il leur a été imposé par les différentes classes politiques au-travers d’une réglementation stricte s’agissant des normes anti-pollution. 

En cas de non-respect de ces normes, des amendes colossales leur sont imposées, amendes pouvant dépasser les sommes à investir pour le développement de véhicules électriques, d’où cette motivation à célébrer l’avènement de cette nouvelle forme de propulsion dite «propre».

Cependant, il n’y a aucunement besoin d’être prophète en son pays, ni scientifique chevronné, pour savoir qu’une électrification totale du parc automobile mondial est, à l’heure actuelle, une pure hérésie. 

Certes, ce passage à l’électrique est important pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, tout en ayant par ailleurs pour avantage de limiter également les nuisances sonores. C’est un passage même obligé en l’état actuel de nos connaissances techniques dans l’attente de la mise en place d’autres solutions. Il n’en demeure pas moins qu’il faut être conscient que ce n’est très probablement qu’une étape intermédiaire vers d’autres types de propulsion non seulement non polluantes, mais également économes en carburant quel qu’il soit.

Liberté de mobilité

En conclusion, oui, je me réjouis de rouler au volant de mon nouveau véhicule tout électrique qui me permettra de limiter les émissions polluantes, tout en ne réveillant plus mes voisins... mais je me réjouis tout autant d’un avenir qui ne sera pas qu’électrique, bien au contraire, et qui verra nos véhicules se déplacer grâce à de nouvelles propulsions non polluantes et économes en énergies, quelles qu’elle soient. 

Cet avenir n’est probablement pas si lointain, et il est vital que les constructeurs poursuivent le développement de ces nouvelles technologies pour nous permettre à toutes et à tous de continuer à goûter à cette liberté et indépendance de mobilité, garant d’une économie prospère et d’un confort de vie élevé.

*Président de la section vaudoise Union Professionnelle Suisse de l’Automobile





 
 
 

AGEFI

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