Une terre innovante qu’il s’agit d’entretenir

jeudi, 21.11.2019

Claudine Amstein*

La Suisse peut se targuer d’être l’un des hubs européens qui comptent en matière d’innovation. Elle est toutefois devancée par d’autres pays, comme la Suède. Le potentiel d’amélioration est réel, notamment en matière fiscale. L’étude «Vaud innove» fait le point. 

Si l’innovation se porte bien en Suisse en général, et dans le canton de Vaud en particulier, il est possible de faire mieux. C’est la conclusion qui s’impose après la publication de l’étude numérique «Vaud innove», réalisée conjointement par la CVCI, la BCV et Innovaud, et accessible sur un site dédié. Le dernier thème abordé montre que si les start-up ont bénéficié de bonnes conditions-cadres ces dernières années, le potentiel d’amélioration reste important en matière fiscale. L’impôt n’est certes qu’une pièce de ce puzzle. Mais c’est une pièce importante à la fois pour les jeunes pousses elles-mêmes et pour leurs employés, ainsi que pour les entrepreneurs et les investisseurs.

Les données analysées en attestent, la Suisse peut prétendre au rang de hub de l’innovation en Europe. Elle est toutefois battue dans ce domaine par plusieurs autres pays et contrées d’Europe, comme la Suède par exemple. La région de Stockholm présente beaucoup de similitudes avec la nôtre, mais elle a fait preuve d’une activité d’investissement en capital-risque pratiquement double en 2018, tout en étant partie du même niveau au début de cette décennie. Quatre éléments expliquent le succès scandinave: une innovation très digitale, un terreau culturel favorable, un accès direct au marché européen et des réussites emblématiques, comme Spotify.

La Suisse n’occupe ainsi que le 17e rang mondial dans le domaine des conditions-cadres. Si elle n’est pas déshonorante, cette position reste moyenne en regard de ce que notre pays devrait offrir. Stockholm dispose donc de plusieurs années d’avance sur la Suisse et le canton de Vaud, mais tous deux peuvent parfaitement prétendre à ce niveau de succès. Pour ce faire, plusieurs points doivent être améliorés: simplifier la création de sociétés, favoriser l’entrepreneuriat féminin, miser davantage sur la formation dans les filières numériques et, enfin, favoriser les scale-up pour aider celles-ci à atteindre leur succès (exit) et créer ainsi une communauté d’entrepreneurs à succès.

Pour l’heure, toutefois, plusieurs chiffres illustrent le niveau enviable atteint par l’innovation vaudoise. Les effectifs de recherche universitaire du canton ont presque doublé ces dix dernières années, passant d’un peu moins de 4000 à plus de 7500. Leur provenance variée – plus de la moitié viennent de l’étranger – prouve que nos Hautes écoles savent attirer des éléments éminents. Du côté des investissements, la dynamique est tout aussi réjouissante: l’équipe de «Vaud innove» les estime cette année à plus de 400 millions en faveur des start-up. 

Autre point positif à relever: notre goût pour l’entrepreneuriat ne se dément pas, à en croire l’étude Global Entrepreneurship Monitor. Ainsi, plus d’une personne sur deux parmi la population des 18-64 ans, hors chefs d’entreprise, estime que le démarrage d’une activité dans la région où elle vit constitue une bonne opportunité de carrière. Ce taux n’était encore que de 25% en 2015. 

Un mot encore sur l’étude «Vaud innove»: elle poursuit sa vie numérique et sera régulièrement actualisée et enrichie de données supplémentaires. 

Une version en format papier, qu'il est possible de précommander sur le site vaudinnove.ch, sera disponible prochainement.

*Directrice Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie





 
 
 

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