Une économie à 1.5 m, cela veut dire quoi exactement?

jeudi, 08.10.2020

Céline Renaud *

Céline Renaud

Un lundi matin, je rencontre un patron d’une entreprise horlogère de 450 employés. Avant de débuter la séance, nous échangeons quelques mots sur la situation sanitaire et les mesures qu’il a mises en place pour protéger ses équipes tout en produisant.

Il me dit qu’il y a une prise de température à l’arrivée pour tous ses employés et que la désinfection des mains est obligatoire. Il ne fait pas porter le masque à ses employés car selon lui, les journées sont déjà bien assez dures pour ses collaborateurs. La semaine passée, je m’entretenais avec un autre patron horloger qui fait porter les masques à toutes ses équipes. Un autre encore est tellement stricte qu’il demande à ses employés de ne pas manger au restaurant tant que le port du masque n’y était pas obligatoire… Mêmes directives de protection sanitaire, situation presque identique et pourtant application très différente.

La semaine précédente, j’ai donné un cours en présentiel ainsi que deux conférences dans des endroits différents et j’ai encore assisté à une troisième. A chaque fois, les règles mises en place par l’organisateur étaient différentes. Port du masque durant une conférence, port du masque que pour aller à sa place dans un autre cas, pas de port du masque dans un troisième cas avec demande aux participants de respecter les distances… Mais comment se tenir à 1,5 mètre les uns des autres sans «s’aboyer dessus» et surtout sans se postillonner dessus à force de pousser la voix ? Comment expliquer dans le premier cas le port respectueux du masque assis et puis à l’apéritif, le joyeux retrait du masque pour se parler chaleureusement à 40 cm avec un verre à la main et un petit four dans l’autre ?

Qu’est-ce que signifie vraiment une économie à 1.5 m? Comment interpréter les mesures de protection contre le coronavirus ainsi que les mesures édictées par l’OFSP ? Toutes ces questions sont ouvertes et la réponse réside dans le fait de tester, d’appliquer et de corriger le tir au besoin…

Dans tous les cas, il y a eu un transfert de responsabilité. Alors comment par exemple opérer les cinémas tout en garantissant l’espace nécessaire entre les clients ou groupes de même famille et comment exploiter de manière rentable ces établissements qui peinaient déjà avant? Ces mêmes questions se posent pour la piscine ou les salles de fitness et autres lieux de sport… Comment garantir la sécurité des utilisateurs car c’est l’exploitant qui dorénavant a la responsabilité non seulement sanitaire mais également économique?

Beaucoup de questions sont ouvertes et les entrepreneurs n’y répondent pas de manière uniforme. Cette situation est nouvelle. Comme dans chaque innovation, il n’y a pas d’historique sur lequel se baser. Il faut tester et réajuster si nécessaire. C’est la seule manière de valider un fonctionnement nouveau.

Avec la Covid, c’est la même chose, nous devons tester l’application des mesures. Est-ce que notre entreprise peut fonctionner, produire tout en protégeant les équipes? Est-ce que mon établissement peut ouvrir pour la production ou les services et trouver un fonctionnement sanitairement et économiquement adéquat? La question essentielle est: «Qui prend le risque?» C’est cette question qui est au cœur des applications des directives chez les entrepreneurs tout comme chez les politiciens de la majorité des pays!

* Entrepreneure et conférencière





 
 
 

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