Une année qui s’annonce ardue pour les investisseurs

mercredi, 09.01.2019

Philippe G. Müller*

Philippe G. Müller

On a rarement entamé une nouvelle année d’investissement dans des conditions aussi épineuses. Depuis octobre dernier, les risques politiques se sont multipliés. Sur les marchés financiers, les craintes dues aux effets cumulés de différents facteurs de risque ont entraîné des reculs importants et durables. Le mois de décembre est le pire que les marchés boursiers mondiaux aient connu depuis 1931.

Au cours de l’année écoulée, la croissance économique est passée d’un rythme très élevé à un niveau tout juste normal et les banques centrales ont pris des mesures supplémentaires en vue de sortir de leur politique ultra-expansionniste. En conséquence, à partir d’octobre, l’ambiance sur les marchés s’est considérablement dégradée.
Néanmoins, les indicateurs conjoncturels relatifs à la consommation, à l’investissement et à l’emploi indiquent toujours une évolution robuste et soutenue de l’économie mondiale. Une récession en 2019 semble donc assez peu probable.

L’inflation reste suffisamment faible pour poursuivre une normalisation lente et prudente de la politique monétaire, tout en permettant aux banques centrales - notamment à la Réserve fédérale américaine - de suspendre, voire d’inverser le relèvement des taux d’intérêt à tout moment, si nécessaire. En d’autres termes, les risques sont clairement - voire excessivement - pris en compte dans les cours boursiers actuels.
Premièrement, certaines tensions géopolitiques doivent être désamorcées. Après le règlement du différend budgétaire entre l’Union européenne et l’Italie, une résolution rapide du Brexit serait certainement souhaitable.

Il est par ailleurs vraisemblable que les Etats-Unis et la Chine parviendront à un compromis, tout au moins sur certains aspects essentiels de leur conflit commercial, évitant ainsi une nouvelle escalade des tensions. Il est même probable que les marchés chinois pourraient s’ouvrir davantage aux fournisseurs occidentaux et que la protection de la propriété intellectuelle pourrait sortir renforcée des tractations.

Deuxièmement, les marchés ont besoin de signaux leur indiquant que le ralentissement économique mondial n’annonce pas une récession prochaine, mais que - comme fin 2015 - début 2016 - il ne s’agit que d’un trou d’air temporaire et que l’économie planétaire reste sur une trajectoire de croissance.

Pour les investisseurs en francs suisses, les revers de l’an passé ne seront pas surmontés de sitôt. Les rendements extrêmement faibles, voire négatifs, d’une grande partie des titres à revenu fixe devraient perdurer un certain temps.

Quant au marché financier suisse, qui a mieux résisté que certains de ses voisins européens, il compte parmi les marchés les plus chers. Avec son économie fortement globalisée, la Suisse - en particulier ses multinationales et ses exportateurs - reste vulnérable aux tensions géopolitiques. Cependant, ces circonstances restent gérables pour les investisseurs qui ont mis en oeuvre des stratégies adaptées. En l’absence de signes de récession imminente, de nombreuses entreprises présentent encore des opportunités de croissance et de rendement déterminées.

Pour réussir dans cet environnement, il faut soigneusement sélectionner ses actifs, se diversifier largement et suivre un plan d’investissement clairement défini.

* Economiste responsable pour la Suisse romande, UBS





 
 
 

AGEFI

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