Une année exceptionnelle dans le secteur du luxe et des cosmétiques

jeudi, 10.01.2019

Amaury Bonnaire*

Amaury Bonnaire

Dans son étude annuelle «The Luxury and Cosmetics Financial Factbook», EY met en exergue les dernières évolutions du secteur du luxe. Il ressort notamment du rapport que le secteur du luxe et des cosmétiques devrait dépasser le seuil des 500 milliards en 2021 grâce notamment à la croissance des marchés des accessoires, des chaussures et des sacs à main.

Le segment le plus attractif reste cependant celui des produits intermédiaires (premium et entrée de gamme luxe), tiré par le dynamisme des marchés chinois et nord-américain dont la croissance est prévue à 7,5% par an sur la période 2017-2021. Par comparaison le secteur des cosmétiques prévoit une hausse de 4,5% par an sur la même période grâce une l’innovation et personnalisation accrues des produits.

Selon Laurent Bludzien, associé au sein d’EY, et Nicolas Vincent, Head Business Development, «La clé est la capacité d’innover, en rupture nette avec les canons du passé. Les marques qui ont été les premières à suivre cette évolution ont vu leurs performances croître à deux chiffres. Cette croissance n’a pas nécessité d’interventions coûteuses pour réviser le concept de magasin, de rénovations ou de grandes ouvertures de magasins, mais trouve son impulsion dans le produit et dans la façon dont il est communiqué.».

Concernant les marchés financiers, le luxe continue à surperformer les principaux indices boursiers, avec un taux de croissance moyen des valorisations boursières de 8,6%, entre janvier 2008 et mars 2018 et un multiple moyen EV/EBITDA 2019 attendu de 11,8 fois. Richemont et Swatch, les deux entreprises suisses listées dans le panel, sont respectivement à 11,3 et 9,9 fois. Ce secteur connaît aussi une hausse des opérations de fusions acquisitions. 2017 a été une année exceptionnelle pour le secteur du luxe avec une taille moyenne des opérations en forte augmentation de 262 millions d’euros en 2016 à 527 millions d’euros en 2017, financées à moitié par les fonds de capital-investissement.

Au niveau suisse, Richemont a notamment conclu avec succès une offre publique d’achat sur la moitié du capital de l’italien Yoox Net-à-Porter et a annoncé une collaboration avec le chinois Alibaba, un des géants mondial du e-commerce.

L’activité M&A est en forte croissance, les investisseurs sont intéressés par les rendements significatifs offerts par le secteur et la force des marques. Le secteur de la mode a été caractérisé par l’arrivée sur la scène de nouveaux investisseurs d’origine chinoise et américaine. L’accent est mis sur les accessoires et le commerce électronique, une tendance appelée à se poursuivre compte tenu du potentiel du numérique.

* Associé, Transaction Advisory Services, EY





 
 
 

AGEFI

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