Transition énergétique: la Suisse montre la voie

mercredi, 01.05.2019

Gregory Bovay*

Gregory Bovay

Avant même la mise en œuvre de la stratégie 2050, notre pays faisait figure de leader en matière de transition énergétique. 

En début de semaine, la chancellerie fédérale a validé le lancement d’une initiative populaire visant à inscrire la protection du climat dans la constitution. Cette information fait pourtant l’effet d’une brève tant la question climatique est pour le moins d’actualité depuis plusieurs mois.

A l’heure où certains partis verdissent discours et programme en vue des prochaines élections fédérales d’octobre, plusieurs cantons aiguisent leurs armes en élaborant des plans «climat» censés faire face au réchauffement de la planète.

Si les différents mouvements de grève étudiante lancés en août 2018 et qui ont atteint notre pays ne sont pas étrangers à cet emballement écologiste de la part de nos politiques, il n’en demeure pas moins que d’aucuns diront que ce soudain intérêt grandissant pour cette cause résulte d’opportunisme électoral. Mais, face au réchauffement climatique, notre pays n’a pas attendu Greta Thunberg pour prendre des mesures concernant cette problématique et a su se montrer actif depuis de nombreuses années.

Pour preuve, les réductions des émissions en Suisse sont constantes: en tonnes d’équivalent CO2, la diminution est de 20% depuis l’an 2000, tandis qu’avec 5,8 tonnes par an et par habitant, notre pays se situe en dessous de la moyenne mondiale (6,3) ou de l’Union européenne (8). Notre économie s’est faire preuve également d’efficacité en utilisant 40% de moins d’énergie que son voisin germanique par francs de PIB. Sur la période 1990-2016, les émissions de CO2 ont baissé de 16% dans l’industrie et de 23% dans les bâtiments. Pour atteindre ces résultats, des efforts financiers significatifs ont été produits. C’est ainsi que la taxe C02 sur les combustibles, une des plus élevée au monde, se monte à 96 francs la tonne pour atteindre près de 1,2 milliard de francs par année prélevés pour l’assainissement des bâtiments ou redistribués aux entreprises et aux ménages.

Le résultat de ces efforts est d’ailleurs relevé dans la récente publication de l’équipe Recherche Economique du groupe Edmond de Rothschild concernant la transition énergétique. Elle place la Suisse comme un des leaders mondial en la matière en compagnie de la Suède et de la Colombie.  Malgré une consommation d’énergie primaire par personne bien supérieure à la moyenne mondiale, notre pays se distingue par sa faible part d’énergies fossiles dans son mix énergétique (50,5% contre 85,1%) et son efficience énergétique bien plus élevée que ses voisins européens et que le reste du monde. Enfin, le rapport met en exergue l’efficacité helvétique qui s’illustre par sa capacité de faire collaborer l’ensemble des acteurs, les collectivités publiques, les entreprises et les ménages, dans la mise en place des politiques énergétiques. 

Il ne s’agit nullement de faire dans l’autosatisfaction et de nous reposer sur nos lauriers tant les défis qui s’amorcent sont considérables. Mais lors des prochaines échéances décisionnelles, il sera important de ne pas tomber dans la précipitation et faire les mauvais choix. Le succès passe par des politiques ambitieuses mais réalistes, sachant déterminer des investissements judicieux et efficace.

* Centre Patronal





 
 
 

AGEFI

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