Solution de prévoyance pour le deuxième pilier: une décision complexe

mercredi, 03.04.2019

Philippe G. Müller*

Philippe G. Müller

Depuis quelques années, le manque de main-d’œuvre qualifiée ne cesse de s’aggraver dans de nombreux secteurs de l’économie suisse. Le recrutement et la fidélisation de collaborateurs hautement qualifiés n’en deviennent donc que plus importants. Car c’est l’un des principaux facteurs de réussite d’une entreprise. 

Pour qu’une entreprise puisse attirer les meilleurs talents, l’attractivité du poste de travail est primordiale. Ses choix en matière de 2e pilier pèsent donc d’un grand poids dans la gestion stratégique du personnel. Or, trop souvent, des décisions malheureuse sont monnaie courante dans ce domaine. Avec fréquemment de graves conséquences et, à terme, de sérieux dommages pour l’entreprise et ses assurés. 

En raison de la pression qui pèse sur le système helvétique des trois piliers, la qualité de la solution de la prévoyance professionnelle va prendre de plus en plus d’importance pour beaucoup de salariés. 

Les entreprises peuvent donc mettre en avant les atouts de leur prévoyance professionnelle comme critère clé dans la compétition pour recruter les meilleurs collaborateurs. 

A l’heure de définir la solution de 2e pilier optimale, une foule de questions se posent aux entreprises:

- Est-il judicieux d’avoir une caisse de pension autonome?

- La meilleure solution consiste-t-elle à s’affilier à une fondation collective ou commune?

- Faut-il assurer seulement les prestations obligatoires ou aussi les prestations surobligatoires?

- Faut-il réassurer les risques d’invalidité et de décès?

- A quoi ressemble une solution de prévoyance du 2e pilier qui soit attrayante pour les collaborateurs?

- Quels sont les risques pour l’entreprise et comment les maîtriser?

Une récente publication de l’UBS Chief Investment Office «2e pilier, une décision complexe - un guide pour les entreprises» ébauche des réponses à ces questions.

Il est en effet primordial d’évaluer les prestations souhaitées, le modèle de prévoyance qui les garantit, ainsi que les coûts et les risques associés aux modèles et aux prestations. Lorsque la structure de l’entreprise ou la situation économique change, d’autres prestations peuvent passer au premier plan, ou des offres financièrement plus avantageuses peuvent se présenter. 

Il faut donc réévaluer périodiquement le modèle choisi. La grande complexité et les nombreux conflits d’intérêts entre les parties prenantes ne simplifient toutefois pas la décision.

Les entreprises et les institutions de prévoyance ne doivent cependant jamais perdre de vue l’avenir du 2e pilier. Il existe d’importantes marges de manœuvre légales qu’elles peuvent utiliser pour offrir à leurs assurés des formules de prévoyance attrayantes et pérennes. Mais il faut y recourir en connaissance de cause. 

En fin de compte, ce ne sont pas seulement aux entreprises de trouver les solutions. Il est certainement nécessaire d’apporter aussi des modifications légales pour offrir aux entreprises, aux institutions de prévoyance et aux assurés davantage de flexibilité. Par exemple, avec un âge de départ à la retraite variable. La pérennité du système suisse de prévoyance est à ce prix.

* Economiste responsable pour la Suisse romande, UBS

www.ubs.com/forumprevoyance





 
 
 

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