Se concentrer sur les gagnants de l’ère post-virus et sur les titres à dividendes

mardi, 19.05.2020

Daniel Kalt* et James Mazeau**

Daniel Kalt et James Mazeau

Le monde est sur le point de vaincre le coronavirus. L’Allemagne, l’Italie, la Suisse et d’autres pays ont commencé à rouvrir leur économie. Aux Etats-Unis également, certains Etats comme la Californie ont entamé ce processus. Ces mesures d’ouverture, combinées à des développements positifs sur le front des médicaments (le Remdesivir a obtenu le feu vert de la FDA aux Etats-Unis et au Japon) et des vaccins, ouvrent la voie au scénario positif envisagé par UBS. 

Malgré les bonnes nouvelles, les investisseurs doivent toutefois rester conscients des risques. 

La voie du retour à la normale sera semée d’embûches. Et même une fois la crise surmontée, de profonds changements structurels se seront produits: le monde sera plus endetté, moins global et plus digital. Le financement des dettes souveraines plus lourdes entraînera probablement certains mécanismes de répression financière, mais aussi une hausse des impôts et de l’inflation. 

De nombreuses entreprises sont susceptibles de passer à une structure de production plus locale et moins globale. D’autant plus que les mesures de confinement ont accéléré l’adaptation des technologies numériques. La crise aura aussi des retombées sur les investissements suisses. 

Bien sélectionner les titres suisses

Sur les actions helvétiques, il conviendrait de se concentrer sur les titres à dividendes et les entreprises qui ressortiront potentiellement gagnantes des changements structurels de grande  envergure à l’ère post-coronavirus. Les bénéfices  devraient essuyer un repli d’environ 6% pour l’année en cours et la reprise qui s’ensuivra se fera très probablement de manière progressive et en ordre dispersé. 

Pour 2021, on peut prévoir une reprise des bénéfices d’environ 9%. Les prévisions du consensus (à 15%) paraissent en effet trop optimistes. La persistance des tensions commerciales mondiales et la pandémie ont mis en évidence des dépendances et des faiblesses indésirables dans les chaînes d’approvisionnement mondiales et des risques dans le secteur du tourisme. 

De nouveaux paradigmes

La démondialisation, les circuits de production plus courts, les stocks plus importants et les exigences sanitaires plus élevées pèsent également sur les perspectives à moyen terme des entreprises tributaires du commerce mondial et du tourisme. A l’avenir, les entreprises qui proposent des produits et services de santé innovants bénéficieront de ces tendances. La digitalisation a aussi connu un coup d’accélérateur durable. L’automatisation et la robotique vont s’imposer encore plus dans l’industrie. 

La sécurité alimentaire, l’énergie, les technologies et les services financiers resteront également au centre des préoccupations. On préférera les entreprises de qualité et les gagnants structurels pour affronter la tempête à court terme et comme investissements de base à long terme. 

Les actions des biens de consommation de base, de la santé et des communications – des secteurs défensifs – offrent une faible volatilité des bénéfices et des rendements de dividendes intéressants. On peut aussi recommander des valeurs cycliques sélectives en amont de la reprise économique: leurs bénéfices diminueront également, mais ils ne s’effondreront pas.

* Chef économiste Suisse
** Economiste, Chief Investment Office
UBS Global Wealth Management





 
 
 

AGEFI

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