Ruée vers un nouvel eldorado

jeudi, 26.03.2020

Pécub

Nous sommes en guerre et le Covid-19 est notre ennemi mortel. Nos leaders sont unanimes de Bruxelles à Rome, de Paris à Berlin. Formez les bataillons, chargez les canons, nous allons gagner, nous l’emporterons, nous avons la volonté, l’esprit de sacrifice et la motivation. Les services de renseignements européens, chinois, américains, nous informeront sur les points faibles et les failles de l’ennemi sanguinaire. Nous le frapperons vite et fort là où cela fait mal.

Pour se faire une opinion sur le genre humain, le virus ne regarde pas la télévision. Il s’introduit sans avertir, gouttelettes en camouflage, par la bouche ouverte, les mains sales et les trous de nez. Une fois à l’intérieur, il reprogramme les cellules humaines pour se reproduire à volonté. Arrivé seul, il se retrouve régiments et corps d’armée. Invincible, sauf que le système immunitaire veille, il ne faut pas l’oublier celui-là. C’est un super héros, que l’on a tendance à négliger. Les microbes sont instruits pour l’affronter, et ils savent comment le déprimer. Alors forts de ce constat, à la guerre comme à la guerre, à nous de nous introduire camouflés dans la psyché virale. Adoptons les méthodes analytiques de Sigmund Freud et Carl-Gustav Jung, le Covid-19 n’est pas préparé à cette manœuvre de diversion.

Une première bataille, de grandes entreprises capitalistes deviennent nobles et généreuses, et déversent par tonnes l’alcool atomique sur le coronavirus désemparé, les cohortes d’infirmiers et d’infirmières retrouvent énergie, audace et courage. Le choc est gagnant. Nombre de patients malades sont guéris. Le virus ne s’avoue pas vaincu pour autant, humain trop humain, il s’allie aux petits malins, le gel hydroalcoolique gratuit peut se vendre 20 CHF les 50 mml au marché noir. Rage, désespoir. L’individu microbien connait trop bien les bassesses humaines. Lao Tseu, Nicolas Machiavel, Léonard de Vinci sont convoqués d’urgence au conseil d’administration. Le moment est grave, le genre humain est-il condamné à rester mauvais ?

Précieux système immunitaire, éclaire-nous sur ton âme et ton esprit, nous sommes prêts à écouter tes critiques et prêts aussi à suivre tes recommandations. Ä la prochaine pandémie nous risquons bien de tous y passer. Alors si vous le voulez bien, il ne faut pas supprimer l’hôpital, il faut œuvrer à moins d’hôpital. Il ne faut pas supprimer les médicaments, il faut œuvrer à moins de médicaments. Il ne faut pas supprimer le système institutionnel de santé, il faut œuvrer à moins de système institutionnel de santé. Il ne faut pas supprimer les humains cupides qui voient dans la prévention des infections un nouvel eldorado, il faut œuvrer à moins d’eldorado.

C’est tout ? Oui, cela devrait suffire. Au geste médical juste, le prix juste. A la thérapie médicamenteuse juste, le prix juste. Au traitement hospitalier juste, le prix juste. Et cerise sur le gâteau, les primes d’assurance maladie justes, descendront jusqu’au prix juste.





 
 
 

AGEFI

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