(Ré)inventer le rôle des chambres de commerce

mardi, 23.10.2018

Xavier Comtesse*

Xavier Comtesse

Les chambres de commerce incarnent souvent un modèle du siècle dernier! C’est sans doute ce que beaucoup d’entrepreneurs pensent. De la défense des intérêts patronaux aux campagnes politiques, des services à l’exportation à la formation elles ont cherché depuis des décennies à rendre de multiples aides aux entreprises. Avec succès il faut le reconnaître. Pourtant, face à la révolution numérique et face à la globalisation des affaires, elles semblent chercher encore leur avenir. Elles vont devoir certainement évoluer vers autre chose et vite ou disparaître!

Tour d’horizon de leur avenir avec Florian Németi, le très entreprenant directeur de la Chambre neuchâteloise.

D’abord une question sur ces fameuses conditions cadres (fiscalité en tête). Vous vous battez pour elles depuis longtemps mais aujourd’hui elles vous échappent?
Vous avez raison, aujourd’hui, Berne et Bruxelles ont plus que jamais une grande influence sur les lois et même sur leur application, les cantons gardant une prérogative de réglage fin. De ce fait, les conditions cadres se normalisent un peu partout et, désormais, d’autres facteurs peuvent faire la différence comme la capacité d’innovation ou l’usage productif des nouvelles technologies, en particulier dans la transformation des entreprises. Nous sommes très attentifs à être présents sur ces nouveaux chantiers.

Donnez-nous un exemple?
Dans le cadre de la révolution industrielle 4.0, il y a trois ans nous avons mis en place un programme de sensibilisation et de recherche prospective à l’intention de nos membres. Celui-ci fonctionne avec un groupe d’une quarantaine d’entreprises romandes qui s’est mis en mode d’auto-apprentissage et qui communique ses «fact-findings» à travers un site internet ManufactureThinking.com, des blogs sur LinkedIn, des articles de presse, des conférences publiques et un livre édité chaque année. Le prochain, qui sort aujourd’hui, a comme sujet l’entreprise augmentée, en lien avec l’intelligence artificielle.
La philosophie pédagogique que nous suivons est celle de l’appropriation. Nous considérons l’entrepreneur comme l’expert et le faisons évoluer parmi ses pairs. On organise pour cela des voyages en entreprises de par le monde. On est allé à Tokyo, Hanovre, Paris, Shanghai, Munich pour voir des entrepreneurs, non pour faire du commerce, mais pour échanger des connaissances sur les «bonnes» pratiques. Le plus important dans une phase de transition comme celle imposée par le numérique, c’est de savoir comment s’y prendre et il y a toujours quelqu’un dans le monde qui sait ou qui a essayé. Cela permet ensuite d’adapter et de perfectionner des solutions novatrices et, à ce jeu, la Suisse figure parmi les champions. C’est cela que l’on offre.

Une dernière question: Comment voyez-vous l’avenir des chambres de commerce en Suisse romande?
La transition numérique ne fait que commencer et donc il est difficile de répondre à ce type de question. Je dirais que ce qui est le plus important maintenant c’est de cesser de faire des plans ou des planifications à 10-20 ans et de se concentrer sur la mise en place de structures voire d’infrastructures capables d’avoir beaucoup de réactivité, de flexibilité et de potentiel. On doit réfléchir désormais en flux plus qu’en stock et plus en «bit» qu’en béton!

* Mathlématicien





 
 
 

AGEFI

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