Réflexions sur les stratégies de déconfinement

mardi, 14.04.2020

Philippe G. Müller*

Philippe G. Müller

Le coronavirus s’est propagé autour du globe à une vitesse fulgurante et, depuis quelques semaines, le mot confinement est sur toutes les lèvres. L’Etat a imposé une mise à l’arrêt totale de pans entiers de l’économie. Cela laissera des traces profondes dans les statistiques économiques mondiales.

Toutefois, tous les plans monétaires et budgétaires de relance pour amortir la crise économique ne semblent de loin pas déployer leurs effets aussi rapidement et efficacement qu’en Suisse. 

Grâce à des voies de décision rapides et à une approche simple et pragmatique via le recours aux canaux de distribution des banques, des crédits avec cautionnement visant à assurer les liquidités ont été octroyés à des dizaines de milliers de PME helvétiques, rapidement et sans formalités excessives. Et grâce aux démarches simplifiées et accélérées pour demander le chômage partiel, un quart des actifs en bénéficient déjà en Suisse et le taux de chômage a relativement peu augmenté jusqu’à présent.

Un déconfinement progressif

Vu les énormes dommages économiques causés par la mise à l’arrêt forcée de l’économie, il n’est guère surprenant que les appels se multiplient pour demander un assouplissement rapide et important des mesures visant à endiguer la propagation du virus. Bien que cela soit compréhensible puisqu’il en va de la survie même de nombreux indépendants et de petites entreprises, la stratégie de déconfinement doit être savamment dosée pour éviter qu’une deuxième vague ne vienne rapidement anéantir les efforts consentis au cours des dernières semaines. 

L’ouverture progressive de commerces tels que les magasins d’habillement ou d’électroménager et d’autres services personnels ne sera probablement autorisée à compter de la première quinzaine de mai que si le nombre quotidien de nouvelles infections recule en deçà de mille, voire bien en-dessous de ce seuil.

Fondamentalement, la décision de redémarrer l’économie ne doit pas dépendre que du nombre de cas de contaminations, mais aussi de l’évolution des capacités d’accueil des unités de soins intensifs. On veut éviter d’en arriver à une situation où, comme en Italie du nord, des médecins sont contraints de choisir les patients qui se verront accorder un respirateur, d’importance vitale, et ceux qui n’en bénéficieront pas. Un peu comme dans le triage effectué en temps de guerre. 

A présent, l’évolution des indicateurs correspondants en Suisse et les déclarations du Conseil fédéral ces prochains jours indiqueront sur la manière dont ce dernier entend séquencer les étape de sortie du confinement.

Une stratégie de sortie

Dans le cadre de sa nouvelle solution de gestion de fortune axée sur les besoins des investisseurs helvétiques, la Recherche d’UBS s’est également penchée sur une stratégie de sortie et a opté pour une sortie (autrement dit une réduction) des placements libellés en dollar américain. 

Ces dernières semaines, le billet vert a subi, à plusieurs reprises, de fortes pressions haussières, se négociant à un niveau de 0,98, voire plus face au franc suisse. Ce niveau est trop élevé sachant que l’avantage de taux s’est nettement réduit et que des facteurs tels que l’endettement lourd et croissant aux Etats-Unis continuent de peser à long terme dans la balance. 

Pour le cours de change USDCHF à moyen terme, la Recherche d’UBS anticipe plutôt une évolution en direction de la parité du pouvoir d’achat de 0,92 calculée par ses soins et elle estime que les investisseurs profiteront d’une hausse à plus de 0,97 pour vendre du dollar. Dans ce contexte et à ces niveaux, elle a récemment mis en œuvre une sous-pondération du dollar américain face au franc dans le cadre de son positionnement de placement tactique.

* Economiste responsable pour la Suisse romande, UBS





 
 
 

AGEFI

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