Quand les robo-advisors seront nos amis financiers?

mardi, 17.12.2019

Xavier Comtesse*

Xavier Comtesse

Longtemps mal considéré par les banquiers car peu performants, les «robo-advisors» connaissent une nouvelle évolution grâce à l’usage de l’intelligence artificielle (IA). Avec des débuts laborieux dans la gestion automatique de portefeuille (2006), ils ont progressé lentement vers plus de capacité d’analyse grâce à des techniques issues d’abord du big data et du data mining, puis depuis quelques années seulement avec l’usage d’algorithmes auto-apprenantes de l’IA. Aujourd’hui la situation a totalement changé: les robo-advisors envahissent le monde de la finance.

Récapitulons la situation: les robo-advisors ou robot-conseillers sont des services financiers en ligne (Internet) délivrant des conseils de placement permettant la gestion automatisée d’un portefeuille. Ils sont conçus à partir d’algorithmes et donc à la différence des acteurs traditionnels comme les banques privées, nécessitent une plus faible intervention humaine. Par conséquent ils offrent des coûts compétitifs de gestion de portefeuilles. C’est en cela qu’ils seront une menace réelle pour les banquiers suisses.

Les premières apparitions des robot-advisors remontent après le milieu des années 2000 notamment avec Mint, une entreprise américaine de la finance orientée purement internet. Swissquote en Suisse suivra dès le début des année 2010 comme quelques centaines d’autres établissements financiers depuis lors.

Le tournant historique va arriver en 2015 lorsque Charles Schwab, un des plus grands services de «brokerage» aux USA et BlackRock, le plus grand fonds d’asset management au monde se lancent à leur tour. Dans la foulée, Bank of America et Wells Fargo suivront ainsi que dans les années suivantes, comme la plupart des grands acteurs de la finance. Les jeux sont faits. Tout le monde ou presque offre son propre service de robo-advisors.

Mais à quoi va ressembler l’avenir de la banque dès lors?

Un rapport de la World Bank de février 2019 décrit l’avenir des robo-advisors comme très prometteur pour 3 raisons: des coûts de gestion très bas, très faciles d’accès et des pratiques automatiques d’investissement très sophistiquées (de grosses capacités de recherche (big data), d’analyse (algorithmes auto-apprenantes) et d’intervention sur les marchés (high frequency trading).

Un autre rapport de McKinsey de novembre dernier montre que la banque du futur aura 4 caractéristiques principales: «mobile» (accessible en tout temps et tout lieu par votre téléphone), «smart» car disposant de plusieurs applications d’intelligence artificielle, «low cost», très bon marché car fonctionnant avec beaucoup moins de personnel et «UX» créant surtout de nouvelles expériences clients/utilisateurs. Deloitte, dans son propre rapport sur le futur de la banque ajoute même que les modèles économiques vont changer. Va-t-on à l’avenir payer un abonnement (all-in fee) plutôt que des «fees «à l’acte?

Nous aurions pu citer bon nombre d’autres rapports qui vont actuellement tous dans le même sens à savoir que l’impact des nouvelles technologiques du numérique sur le monde de la finance va être considérable et que plus rien ne sera vraiment comme avant.

En collaboration avec Loris Comtesse, spécialiste tech-finance

* Mathématicien





 
 
 

AGEFI

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