Quand la Suisse sortira du coronavirus...

mercredi, 25.03.2020

Patrick Eperon*

Patrick Eperon

Si l’on se base sur la tragique expérience vécue par la métropole chinoise de Wuhan, épicentre de la vague actuelle de coronavirus, il faudrait quelque deux mois après les premières mesures sanitaires pour que la vie sociale et économique reprenne un certain rythme dans notre pays.

Quoi qu’il en soit, il est désormais évident que ce «dégel» ne se traduira pas par un retour à la situation de janvier 2020, date à laquelle le virus semblait, à tort bien entendu, confiné au territoire chinois.

Premièrement, tout indique que l’économie mondiale en général et l’économie suisse en particulier entrent dans une récession qui pourrait durer bien au-delà de cette année 2020, comme tant l’OCDE que le SECO l’ont souligné ces derniers jours. Cela implique donc que nombre de particuliers et d’entreprises vont d’abord se préoccuper de leurs fins de mois plutôt que de la fin du monde, annoncée à corps et à cri notamment par une personne qui a - pour l’heure du moins - pratiquement disparu des radars, y compris du téléjournal de la RTS, ce qui n’est pas peu dire.

Deuxièmement, tout indique également que nos entreprises d’abord, notre société ensuite, vont sortir financièrement affaiblies mais beaucoup plus numérisées qu’elles ne l’étaient avant la crise, avec l’irruption notamment du télétravail dans la vie de chacune et chacun. Cela implique que les rapports de travail ne seront certainement plus les mêmes d’ici quelques mois pour les entreprises qui n’étaient pas numérisées avant la crise: la gestion par projet va gagner beaucoup de terrain sur la gestion par la chaîne hiérarchique classique. Par ailleurs, le télétravail ne sera plus nulle part un tabou, d’autant qu’une nouvelle crise sanitaire n’est pas exclue à l’avenir.

Troisièmement, il paraît assez probable qu’un certain nombre d’activités industrielles délocalisées en Asie, pour des raisons de coûts, vont être relocalisées en Europe, à commencer par la production de masques médicaux et de respirateurs artificiels. Plus aucun gouvernement (européen) ne voudra prendre le risque de se voir accusé d’imprévoyance en la matière et revivre la lutte sans merci de ces derniers jours pour se procurer ces équipements vitaux.

Enfin, quatrièmement, il semble aussi probable que la fermeture, au moins partielle, de nombre de frontières, notamment en Europe, du fait de cette crise sanitaire, laissera des traces dans la mémoire collective, quelle que soit par ailleurs la politique de confinement choisie par tel ou tel gouvernement.

En d’autres termes, tout ou presque indique que la Suisse du deuxième semestre 2020 ne sera pas celle de janvier 2020… ou d’octobre 2019, date des dernières élections fédérales.

On peut ainsi raisonnablement tabler sur le fait que nombre de concitoyens appauvris désireront retrouver le chemin d’une croissance économique moyenne et seront donc plus sceptiques par rapport à des projets menés au nom de la protection du climat, à commencer par de nouvelles taxes.

* Centre Patronal





 
 
 

AGEFI

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