Prestation transitoire: une mesure de dernier recours

samedi, 20.06.2020

Marco Taddei*

Marco Taddei

Au terme d’un parcours chahuté, le Parlement a donné son feu vert à l’instauration d’une prestation transitoire en faveur des chômeurs âgés. Cette rente est destinée à couvrir les besoins vitaux des chômeurs de plus de 60 ans en fin de droit, afin d’éviter qu’ils ne tombent dans l’aide sociale après une longue vie active. Environ 3400 personnes devraient en bénéficier.

Les employeurs soutiennent le compromis obtenu de haute lutte aux Chambres fédérales. Un soutien qui en a surpris plus d’un: accepter une nouvelle prestation sociale, est-ce bien raisonnable? Qu’on se rassure, le patronat ne renie pas son identité libérale. Il approuve une mesure qui vient compléter la stratégie en faveur des seniors mise en place depuis plusieurs années par la Confédération, avec l’appui des partenaires sociaux.

Les plus de 50 ans au chômage mettent beaucoup plus de temps à retrouver un emploi que les plus jeunes. L’expérience montre que l’âge élevé associé à une formation inadaptée aux exigences du monde de travail actuel augmentent le risque de chômage de longue durée. La priorité doit donc être donnée à l’adoption de mesures favorisant le retour à l’emploi de cette catégorie de chômeurs.

Le Conseil fédéral l’a bien compris. En mai 2019, il a adopté un paquet de sept mesures destinées à favoriser l’insertion professionnelle des seniors. Il s’agit notamment de renforcer l’action des Offices régionaux de placement en matière d’accompagnement des travailleurs âgés en leur offrant la possibilité de bénéficier gratuitement de services d’orientation de carrière. 

L’octroi de la prestation transitoire n’intervient qu’en dernier lieu lorsque les autres mesures du programme d’impulsion fédéral n’ont pas eu l’effet escompté. Pour le dire autrement, cette allocation constitue une mesure de dernier recours, qui s’inscrit parfaitement dans le plan d’action du Conseil fédéral pour le renforcement de l’employabilité des seniors.

Depuis son lancement en mai 2019, les employeurs ont apporté un soutien conditionnel au modèle de rente-pont du Conseil fédéral, réclamant des modifications pour prévenir les fausses incitations. Il s’agit d’éviter des départs à la retraite anticipée aux frais du contribuable. Le Parlement a fait sienne cette recommandation en imposant une cure d’amaigrissement au projet.

Ainsi, la prestation transitoire, qui comprend les frais remboursés en cas de maladie et d’incapacité, sera limité à 2,25 fois le montant de la couverture des besoins vitaux. La rente sera donc plafonnée à 43.762 francs par an, alors qu’au départ, 58.350 francs étaient prévus. Autre restriction: un chômeur aura droit à une rente si sa fortune nette est inférieure à 50.000 francs (pour les célibataires) et à 100.000 francs (pour les couples mariés).

* Responsable Suisse romande, Union patronale suisse





 
 
 

AGEFI

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