Plus que jamais: attention à nos données personnelles

mardi, 24.03.2020

Nathalie Feingold*

Nathalie Feingold

Tant en Suisse qu’en Europe, les Etats rappellent les conditions dans lesquelles les données personnelles peuvent être collectées, utilisées et stockées. En cette période de pandémie, c’est un message qui nous concerne tous, en tant qu’employeurs, salariés ou utilisateurs d’applications en tous genres qui fleurissent en ce moment sur la toile.

Le préposé fédéral à la protection des données le rappelait dans un communiqué le 17 mars: «Dans la mesure où des personnes privées (en particulier des employeurs) traitent des données personnelles pour lutter contre la pandémie, les principes énoncés à l’article 4 de la loi fédérale sur la protection des données doivent être respectés.» 

Notamment, les données de santé sont des données sensibles dont le traitement relève d’une procédure particulièrement encadrée. Car le risque actuel serait, tout en voulant bien faire, de mettre en place à la hâte des procédures de contrôle et de sécurité inappropriées, voire potentiellement non éthiques ou non réglementaires. Ainsi, la CNIL rappelle que «Si chacun doit mettre en œuvre des mesures adaptées à la situation telles que la limitation des déplacements et réunions ou encore le respect de mesures d’hygiène, les employeurs ne peuvent pas prendre des mesures susceptibles de porter atteinte au respect de la vie privée des personnes concernées, notamment par la collecte de données de santé qui iraient au-delà de la gestion des suspicions d’exposition au virus.» 

Par ailleurs, la situation actuelle de confinement et de distanciation sociale pousse les populations à s’orienter vers des solutions digitales, que ce soit à des fins personnelles ou professionnelles. Comme le titre un article d’ICT journal: «Selon les données du cabinet App Annie, l’épidémie de coronavirus et le confinement de la population qui s’en est suivi ont bousculé les habitudes de téléchargement d’apps mobiles des Suisses.»

Applications de télétravail, jeux, réseaux sociaux ou encore applications d’entraide et de bénévolat... Nécessité faisant loi, nous sommes nombreux à céder à la tentation d’acquérir certains outils en ligne que nous jugions peut-être jusqu’à présent déraisonnables en termes de confidentialité et de respect de la vie privée.  

Plus sombre, la pandémie crée une brèche dans laquelle s’engouffrent des cybercriminels, qui profitent des circonstances pour cibler les entreprises, les travailleurs à distance et les particuliers. Attention donc aux pièges qui sont en recrudescence. Ainsi, la Commission européenne, Europol, ENISA et Cert-EU ont signé le 20 mars une déclaration commune de mise en garde. 

Plus que jamais, la vigilance est de mise. Certes, le télétravail et le confort apporté par le digital sont salvateurs en cette période troublée, tant pour nos économies que pour notre moral. Mais rappelons-nous que cette période n’est que transitoire. Evitons de devoir regretter certains de nos comportements. Gardons en tête les règles fondamentales de cyber hygiène, renseignons-nous au sujet de l’utilisation qui sera faite de nos données personnelles ou sensibles, assurons-nous qu’elles ne serviront pas à nouveau dans un autre contexte sans notre accord, qu’elles ne seront pas revendues à des fins moins «vertueuses» et continuons de lire les conditions générales des apps que nous téléchargeons, que ce soit dans un but personnel ou professionnel. Bref, confinons-nous, et confinons aussi nos données.

* Fondatrice, npba





 
 
 

AGEFI

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