Peut-on sauver la planète en plantant des arbres?

jeudi, 11.07.2019

Véronique Kämpfen*

Les arbres pourraient sauver la planète en absorbant le CO2! C’est ce qu’ont annoncé deux chercheurs de l’EPFZ dans la revue Science la semaine passée.

Selon leurs calculs, il suffirait de boiser 900 millions d’hectares – une surface tout de même un peu plus grande que le Brésil – pour capter 205 gigatonnes de CO2, alors qu’en 2018, l’humanité en a produit 37 gigatonnes. Des surfaces seraient disponibles dans l’hémisphère nord, notamment en Russie, au Canada et en Chine, mais aussi en Australie. La solution semble limpide, mais il faudrait commencer à planter tout de suite, sachant que les arbres n’atteignent leur pleine capacité d’absorption de CO2 qu’à l’âge adulte. 

La couleur sombre des surfaces boisées

Hélas! Cette nouvelle, qui semble de prime abord réjouissante, est sujette à controverse. Sur le site de l’EPFZ, qui relate les résultats de cette étude, le débat prend de l’ampleur. Les deux scientifiques oublieraient des thèses antérieures qui montrent qu’accroître les surfaces boisées risquerait d’accélérer le changement climatique. Pourquoi? Parce que, selon la scientifique américaine Nadine Unger, auteure d’un article paru en 2014 dans le New York Times, la couleur sombre des arbres absorberait l’énergie solaire, ce qui augmenterait la température sur terre. De plus, les arbres émettraient des gaz polluants, dont notamment le méthane et l’ozone, tous deux responsables de l’effet de serre. 

Tendance à nier le changement climatique

Sauver la planète en plantant des arbres avait déjà fait des émules lors de la conférence de Paris sur le climat en 2015. Une des recommandations émises à l’issue des discussions était de planter 350 millions d’hectares de forêt d’ici à 2030. On est loin des projections des scientifiques zurichois, mais c’est un bon pas. Aujourd’hui, où en sommes-nous de la plantation de tous ces arbres? Difficile de tirer un bilan, entre la situation de l’Amazonie, où la déforestation continue de faire rage, et celle de pays comme l’Australie, où, selon l’un des commentateurs du site de l’EPFZ, le potentiel de surfaces à planter est notable, mais qui souffre d’un gouvernement ayant tendance à nier le changement climatique, n’allouant donc pas les budgets et les moyens nécessaires à cette cause. 

En tant que non spécialiste de ce domaine, je ne peux que donner mon opinion intuitive et subjective: commencer à planter des arbres, au moins dans la mesure prévue par les accords de Paris, et cesser de détruire massivement les forêts, qui sont des espaces de biodiversité essentiels, est un début. A un niveau plus local, l’analyse faite par la Ville de Genève quant au pourcentage d’arbres sur son territoire est intéressante. Les arbres contribueraient à rafraîchir l’atmosphère, limiteraient le rayonnement solaire et la pollution. En 2009 (derniers chiffres disponibles), le taux de couverture arborée à Genève était de 21%. En comparaison internationale, de nombreuses villes se situent entre 25% et 29%, comme Boston, Lyon ou Barcelone. Même s’il n’y a pas d’objectif chiffré, le but est clair: verdir davantage la ville. Commençons par cela, puis voyons les résultats que cela donne. Il y a fort à parier qu’ils seront positifs.

*FER Genève





 
 
 

AGEFI

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