Pénurie de main-d’œuvre? Formez des jeunes en AFP!

jeudi, 07.11.2019

Emmanuelle Marendaz Colle*

Emmanuelle Marendaz Colle

Plusieurs secteurs d’activité manquent de relève. Dans les cantons romands, les jeunes désertent l’apprentissage pour les études secondaires. Tous les jeunes? Non. Près d’un quart d’entre eux suivent une mesure de transition. Leur parcours scolaire n’a pas été sans faute. Mais des solutions existent pour leur mettre le pied à l’étrier. Les employeurs qui donnent une chance à ces profils atypiques font un pari qui peut s’avérer gagnant.

La formation duale mène à tout, c’est bien connu. Combien de success stories n’a-t-on pas lues sur ces entrepreneurs ayant monté leur boîte après un simple CFC? Mais aujourd’hui, l’apprentissage ne semble plus avoir la cote auprès des adolescents. Selon des chiffres diffusés en septembre par la Direction générale de l’enseignement postobligatoire du Canton de Vaud, 47,1% des jeunes quittant l’école obligatoire choisissent une école de maturité ou de culture générale, contre 21,6% qui entament une formation professionnelle. Plus marquant encore, 22,5% se dirigent vers une solution intermédiaire et 5,8% se retrouvent sans solution. 

Dans le même temps, 12% des places d’apprentissage en Suisse n’ont pas trouvé preneurs à la dernière rentrée, selon le Baromètre des transitions de l’institut gfs.bern mandaté par le Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation. Les places vacantes se répertorient surtout dans le commerce, la construction et l’industrie manufacturière.

Comment combler le fossé entre les jeunes qui ne trouvent pas de place et les entreprises qui ne trouvent pas de candidats? En misant sur les compétences pratiques! Plutôt que d’exiger un bulletin scolaire impeccable et voir partir vers les formations générales les meilleurs profils, les employeurs pourraient baisser légèrement leurs exigences de départ et engager davantage d’apprentis en voie AFP, pour «attestation de formation professionnelle» ou apprentissage en deux ans, qui ne représente que 1% des formations dans les cantons romands, cinq fois moins qu’à Bâle-Ville selon un rapport du Conseil fédéral publié en mars de cette année.

Les diverses études dont s’inspire ce rapport montrent qu’un tiers environ des titulaires d’un titre AFP entament ensuite un CFC. «La formation AFP est un bon moyen d’accéder à une formation professionnelle initiale, de ne pas tomber au chômage plus tard et de ne pas être dépendant de l’aide sociale», constate le Conseil fédéral.

>>Lire aussi: les Suisses consacrent peu de temps à la formation continue

Les organismes d’insertion qui délivrent les mesures de transition et accompagnent les jeunes dans leur recherche d’apprentissage abondent dans ce sens. Si davantage de places d’apprentissage étaient proposées en voie AFP, cela éviterait bien des déconvenues dans les filières plus exigeantes. Il faut donc inverser le processus: non pas rétrograder des apprentis en échec vers l’AFP, comme cela se produit parfois, avec tout l’effet dévastateur que l’on peut imaginer sur l’estime de soi et la motivation, mais au contraire instaurer une spirale vertueuse en commençant par une AFP et en motivant ensuite ces jeunes à poursuivre vers le CFC.

* Insertion Vaud

Pour en parler, la faîtière Insertion Vaud convie les entreprises à une conférence-débat le 13 janvier à Lausanne: www.insertion-vaud.ch





 
 
 

AGEFI

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