Notre système de sécurité sociale doit être adapté

jeudi, 27.06.2019

Olivier Sandoz *

Olivier Sandoz

Récemment, la réforme fiscale et financement de l’AVS (RFFA) a été acceptée tant au niveau suisse que genevois. C’est une victoire pour l’emploi; elle va permettre de consolider notre système fiscal et d’assurer notre compétitivité tout en donnant momentanément un souffle à notre système d’assurance-vieillesse. En effet, les faits sont implacables: de moins en moins d’actifs financent de plus en plus de non-actifs et la pénurie de main-d’œuvre va s’accroître. Une adaptation de notre système de sécurité sociale à l’évolution démographique doit avoir lieu dans une relative sérénité. Elle ne pourra cependant se faire que par des compromis, qui deviennent de plus en plus difficiles à obtenir.

Il est d’autant plus urgent d’agir que selon les derniers chiffres de l’Office fédéral de la statistique, les seniors seront bientôt plus nombreux en Suisse que les juniors! A fin octobre 2018, les personnes âgées de moins de 19 ans représentaient 20% de la population résidente permanente, alors que la part des personnes de plus 65 ans s’élevait à 18,4%. L’écart entre les deux catégories d’âge se réduit d’année en année. Il n’est plus que de 130'449 personnes au profit des juniors. L’inversion de la pyramide des âges a déjà eu lieu dans dix cantons: Berne, Soleure, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Grisons, Uri, Nidwald et Tessin. Avec 22,6%, c’est au sud des Alpes que la part des seniors est la plus élevée. Grâce à l’immigration, la Suisse romande est encore épargnée par ce phénomène.

Selon une étude récente d’UBS, la Suisse compte 3,4 actifs pour une personne en âge de prendre sa retraite. En 2040, ce chiffre baissera à 2,2. Lors de l’entrée en vigueur de l’AVS en 1948, la durée moyenne de perception des rentes s’élevait en moyenne à 13 ans, alors qu’aujourd’hui elle atteint 24 ans.

Les Jeunes PLR viennent de décider de lancer une initiative visant à relever progressivement l’âge de référence de la retraite à 66 ans pour les femmes et les hommes. On ne peut que se réjouir que les jeunes se préoccupent de l’avenir de notre système de prévoyance vieillesse et qu’ils acceptent de travailler plus longtemps. Le moment choisi pour lancer ce texte laisse néanmoins dubitatif. En effet, après l’acceptation de RFFA et l’échec de PV 2020 qui prévoyait une augmentation de l’âge de la retraite à 65 ans pour les femmes, est-ce vraiment raisonnable de venir maintenant avec une telle proposition? Ce d’autant plus que des projets de réforme sont en discussion.

L’augmentation de l’âge de la retraite ne doit plus être un tabou, tout comme la notion même d’âge de la retraite. De nombreux pays ont déjà franchi le pas. Il faut permettre aux employés d’envisager un passage à la retraite de façon souple et progressive, même si cela peut engendrer des difficultés pour les organes d’exécution et, par conséquent, des coûts. Il s’agira aussi de tenir compte des effets de la digitalisation sur le marché de l’emploi. Il est temps d’être innovant, loin de tout dogme et idéologie, tout en tenant compte des réalités démographiques et économiques.

* FER Genève





 
 
 

AGEFI

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